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Renaud Bouchard Renaud Bouchard 30 octobre 2014 20:34

A lire :

UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc 30 OCTOBRE 2014 http://www.pauljorion.com/blog/

« Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

Mais l’incertitude ne réside pas uniquement dans une situation italienne tendue aboutissant à faire fléchir l’intransigeance bruxelloise, le gouvernement allemand laissant faire. L’Espagne, dernier en date des bons élèves de la classe, est secouée par le scandale de trop des cartes de crédit-cadeaux dont ont principalement bénéficié des hommes politiques du Partido Popular au pouvoir (PP). Les sondages témoignent de la puissante montée de Podemos dans les intentions de vote, qui dépasserait le PSOE et talonnerait voire même doublerait le PP, à la veille d’une année électorale chargée, qui comprend des élections générales (législatives). L’émergence éclair de ce mouvement, qui consulte actuellement ses sympathisants pour décider des formes de sa structuration, n’est pas sans rappeler celle du Mouvement Cinq Étoiles italien, même si la comparaison doit d’arrêter là.

L’hypothèse d’un gouvernement de coalition PP-PSOE avait pris corps ces derniers temps, les partis de gouvernement n’ayant comme solution que de se serrer les coudes, mais une alternative potentielle apparaît sous la forme d’une coalition Podemos-Izquierda Unida (UI). Une situation à rapprocher de la lutte que mènent en Grèce Nouvelle Démocratie, au pouvoir, et Syriza pour la conquête de la première place lors des élections législatives, en raison de la prime qu’accorde au vainqueur le système électoral. Dans les deux cas, PSOE et Pasok, les partis se revendiquant de la social-démocratie, sont dans les choux. En Grèce, des élections législatives anticipées sont probables, si le premier ministre Antonis Samaras ne parvient pas à réunir au Parlement les voix nécessaires à l’élection du Président de la République dont le mandat vient à terme.

Avec l’Italie entrant dans la danse et l’Allemagne connaissant un ralentissement économique prononcé, il est loin le temps où l’on pouvait opposer la périphérie malade au centre sain de l’Europe. En France, le parti socialiste s’apprête à connaître le sort de ses homologues européens, mais le rejet profite à l’extrême droite. Les partis de gouvernement n’ont plus la cote en raison de la politique qu’ils mènent ou préconisent. L’attention se déplace vers les politiques que défendent (non sans ambiguïtés et flous, mais comment pourrait-il en être autrement ?) les forces montantes grecques, italiennes et espagnoles. La question de la dette est centrale, mais la tentation du repli et de la sortie de l’euro est parfois forte, d’où la nécessité d’être clair sur la solution apportée à la première. Comme Syriza l’avait tenté, cela impose de la poser au niveau européen, et pas nationalement, de même que tous les autres grands chapitres que représentent en priorité l’emploi, la fiscalité et la transition énergétique, sans oublier le remodelage de l’euro. »

Intéressant, n’est-ce pas ? Bonne chance, M. Moscovici !


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