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JMBerniolles 2 novembre 2014 10:37

D’abord je voudrais préciser que je n’ai rien contre vous. Quand on s’engage sur une question sensible on prend des coups.


Il se trouve effectivement qu’avec quelques amis nous sommes engagé dans la défense de Fessenheim et du nucléaire. Notre mouvement est l’objet d’une censure implacable, y compris aux dernières nouvelles d’Alsace, et d’un black out total.

Mais cela ne veut pas dire que nous sommes inefficaces. Notamment sur le cas de Fessenheim où nos arguments ont sans doute fini par porter.
* D’une part cette centrale est la plus ancienne du palier REP, mais pas obligatoirement vieille.
* D’autre part et c’est un point décisif, l’arrêter complètement fragiliserait le réseau électrique à un point tel que d’importants black out électriques pourraient en découler, ajoutant un nouvel échec politique grave à un gouvernement déjà en voie de naufrage.

Avec la Loi sur la soi-disant transition énergétique, le gouvernement a pour ainsi dire botter en touche sur l’arrêt des réacteurs nucléaires. C’est à l’EDF d’en prendre la responsabilité et on peut dire que cela n’arrivera en aucun cas avant la mise en service de l’EPR de Flamanville.

La durée de vie initiale d’un réacteur nucléaire n’est pas une donnée intangible. C’est une donnée qui sert aux calculs de résistance, aux calculs d’amortissement... au niveau du projet. Elle est donc nécessaire, mais ne préjuge pas de la résistance du réacteur au fil du temps et de sa capacité d’adaptation aux règles de sûreté.

Sur un réacteur nucléaire on peut changer les composants GV et Pompes et la plupart des équipements, ce qui est fait, recharger du combustible ce qui est réalisé périodiquement, et faire des travaux de renforcement vis à vis de critères de sûreté plus sévères.

Seul un élément fondamental d’un réacteur de ce type n’est pas renouvelable pour prendre un terme à la mode, c’est la cuve primaire.

Dans le fonctionnement normal d’un réacteur, qui inclut un certain nombre d’arrêts d’urgence, dits scram dans notre allégeance à la langue anglo saxonne, cette cuve est soumise à des contraintes mécaniques. Dans le dimensionnement mécanique est également prise en compte une résistance au séisme avec une donnée majorée par rapport au séisme estimé
Pour la centrale il y a également la considération de chute d’avion et de tirs de missiles... Il y a maintenant tout un ensemble de situations accidentelles qui doivent être intégrée dans la démarche de vérification de la tenue de la centrale. Le code qui rassemble les critères de tenue mécanique s’appelle le code ASME, américain à l’origine.

Et puis il y a le vieillissement du matériau, un acier spécial
Au niveau de la cuve il y a deux types de problème.
1) le bombardement neutronique qui influe sur les caractéristiques mécaniques de l’acier
2) un mécanisme de corrosion sous contraintes

La cuve primaire fait l’objet d’inspections périodiques et des échantillons du même acier placés dans la cuve primaire subissent les dommages des mêmes flux neutroniques [qui dans le cas d’un réacteur thermique ne sont pas très destructeurs, on dit peu créateurs de dommages]. Donc on a une évaluation de l’acier au fur et à mesure des inspections.
On peut donc estimer de manière scientifique ce qu’il est encore capable de supporter et déterminer ainsi une durée de prolongation de la vie de la cuve primaire.

Sur les PWR , les premiers réacteurs sous licence américaine, les premières inspections de la cuve primaire ont révélé des fissures sous revêtement. Le problème a évidemment été pris très au sérieux. Un programme d’études a été lancé chez Framatome, devenu Areva ensuite par fusion, pour évaluer la tenue mécanique de la cuve dans ces conditions, l’évolution des fissures par ce mécanisme de corrosion sous contraintes... Cela a donné lieu au début des années 80 à ce que l’on appelle un code case ASME et il a été vérifié sur les cuves que ce problème n’avait pas de conséquences.

Sur ces réacteurs PWR puis REP, nous approchons de manière quasi homogène, en dehors de la centrale de Civaux de 1991, des 40 ans de fonctionnement et la prise en compte de tout ce que j’ai cité, - le vieillissement réel, le renouvellement des composants et équipements, la mise à niveau de la sûreté... -, conduit à estimer que l’on peut prolonger la vie des réacteurs nucléaires REP de 20 ans. C’est une chose qui se pratique aux USA où l’on vend même des réacteurs nucléaires d’occasion.






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