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Renaud Delaporte Renaud Delaporte 17 décembre 2014 10:27

Ce rapport prouve surtout que l’on peut faire dire tout et son contraire à partir de quelques chiffres. Il rassemble une belle brochettes d’ambiguïtés présentées comme des certitudes.

"Cette réduction n’a pas coïncidé avec une dégradation de la compétitivité de notre pays notamment parce qu’elle s’est accompagnée d’une accélération des gains de productivité.« 

Un haut fonctionnaire face aux réalités de l’entreprise, c’est un poule qui a trouvé un couteau.  »Gain de productivité« , ça fait classieux, voire compétent  ! Sauf que le mec qui a écrit ça refuse de considérer deux choses : la façons dont il a été obtenu (pauses réduites voire supprimées, chiourme fouettée pour produire autant en moins d’heures) et le fait nos concurrents bénéficient aussi de gains de productivités, sans ces 35 heures. Notre balance commerciale, qui s’effondre, porte de plus en plus douloureusement les traces de la dégradation de nos »gains de productivités" . (D’ailleurs, la phrase citée, qui assemble une affirmation et son contraire démontre l’imposture initiale de la proposition).

La France reste ainsi attractive et se place régulièrement dans le trio de tête des IDE (investissements directs à l’étranger).

Foutaise ! La France intéresse les investisseurs étrangers d’abord et avant tout parce que nos entreprises sont sous-capitalisées. En d’autres termes, elles ne valent que dalle par rapport à leurs concurrentes alors qu’elle disposent de bureaux d’études extrêmement performants. Les entreprises sont achetées, les brevets piqués, les actifs immobiliers bradés et les travailleurs rendus à la rue, enfin libérés de toutes servitude ! Grosse victoire du gros capital. 

Et c’est pas les 35 heures qui rendent les BE performants : ils s’adressent à des cadres qui sont priés de finir le boulot sans compter leurs heures, supplémentaires ou pas. Les RTT y ont seulement un peu foutu la merde. Et combien ne sont pas prises !!! Le rapport ne le dit pas.

Elle a permis une réorganisation du travail dans les entreprises de plus de vingt salariés grâce à la relance et au dynamisme du dialogue social pour aboutir à des accords.

Des semaines de négociation pour aboutir à des RTT, ce n’est pas un dialogue social « dynamique » ni « relancé ». Encore une fois, on se paye de mots. Ces négociations sont surtout considérées par les DRH comme un solde de tout compte sur lequel on ne reviendra pas. On observe surtout un enterrement de première classe de toute possibilité de nouvelles négociation : http://www.alternatives-economiques.fr/la-fin-des-35-heures—les-entrepris_fr_art_633_69297.html

Enfin, 22 milliards par an - le coût annuel de la mesure pour l’État - divisé par 350 000 emplois, cela fait près de 63 000 euros par emploi « créé ». C’est loin d’être une performance ! Combien de PMI-PME, artisans ou commerçants seraient capables de créer un emploi si on leur proposait le quart de cette somme ? Aucune enquête ne sera jamais réalisée dans ce sens : on exploserait le chiffre de 350 000 ? Tabou.
On relèvera que ces financements rapportent surtout aux multinationales (effet de masse). C’est la raison - la seule raison - pour laquelle il faut dire du bien des 35 heures. Ce n’est pas pour rien qu’Aubry, à l’origine de la mesure, dîne tous les mois au Siècle avec ces messieurs-dames du CAC 40.


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