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Sam (---.---.247.44) 6 janvier 2007 15:32

carnac

Je ne pensais pas à « gérer les passerelles au niveau du territoire ».

L’expression « territoire » veut indiquer que salariés et patrons sont embarqués dans le même bateau. Les patrons doivent respecter et rémunérer le travail salarié, parce que la richesse patronale est issue du travail salarié.

Par ailleurs, je persiste et signe : tes passerelles n’ont pas vraiment d’intéret. D’une part, parce que bcp existent - la fac et les grandes font de la formation continue et cours du soir -, d’autre part parce que le problème n’est pas vraiment l’absence de formation, de réactivité, d’adapatabilité.

La preuve étant l’accroissement de la productivité du travail en France, toujours le plus haut du monde depuis deux ans.

L’ouvrier,le salarié français bénéficie d’une formation initiale inégalée, mais il est confronté à une volonté de ne pas embaucher.

Tu dois le savoir mieux que moi : l’ANPE enregistre un certain nombre d’emplois non pourvus. Mais pas à cause d’une carence de formation des postulants. Celà tient à la faiblesse des rémunérations, aux statuts précaires systématiquements proposés, aux conditions (horaires) proposées qui blessent l’individu et démolissent les familles.

Sans parler de la hausse exponentielle des coûts de formation, à ceux qui jugeraient qu’ils ne sont pas assez performants.

Pendant que les Carrouf et autres Lepasclair embauchent des étudiants bac+3, bac+4 pour des boulots de caissieres quelques heures par semaine, en rotation, tout ça pour pas créer de vrais emplois payés sur des bases dignes.

Enfin, il y a des problèmes de fond, qui remettent la formation supposée déficiente - idée fausse également à cause de la qualité supérieure de l’enseignement français qui reste le meilleur du monde - par leur ampleur et leur persistance.

Deux problèmes majeurs, donc : le refus ou quasiment d’embauche du patronat, depuis vingt ans, et la faiblesse croissante des rémunérations, en regard de la productivité demandée et du coût de la vie qui augmente, n’en déplaise à l’INSEE et ses démographes larbins.

Je lisais dernièrement une analyse d’un économiste-cadre chez Valquant, un truc de conseil financier. Peu suspect de vouloir la mort des « vilains capitalistes patronaux assoifés du sang ouvrier » ; il disait ceci, le 22/12/2006 :

« Le montant des profits réalisés par les grandes entreprises cotées atteint des sommets inégalés. Aux USA, les profits des entreprises, selon la comptabilité nationale américaine, ont dépassé 8% du PIB, (12% pour les profits avant impôts). Du jamais vu... En Europe, la somme des bénéfices récurrents des sociétés du Stoxx600 vaut 600 milliards d’Euros. D’après les prévisions des analystes du consensus, ce n’est pas en 2007 que les bénéfices devraient baisser, bien au contraire ! »

On le voit, la crise n’est pas pour tout le monde et pendant que nous nous serrons de plus en plus la ceinture, la classe patronale s’éclate.

A mon sens, chercher des solutions dans des domaines où le problème ne se pose pas revient à partager les vivres inexistants durant un long siège.

Il faut attaquer lucidement et courageusement là où est le mal.


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