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HELIOS HELIOS 29 octobre 2015 07:35

@BRIATTE
... les faits sont têtus, certes, aussi, puisque je n’ai pas été assez precis, voila... un peu d’histoire.


A PROPOS DE LA GUERRE DU PACIFIQUE

A cette époque le Chili s’arretait coté Nord au 24eme paralelle c’est a dire environ 100 km d’antofagasta. Alfred Nobel avait récément inventé la dynamite et le petrole n’etait pas autant utilisé que de nos jour.

Les 3 pays Bolivie, Chili et Perou etaient detenteurs d’une ressource indispensable à la dynamite et à l’agriculture : le nitrate (salpetre). 
Le Chili, la Bolivie et le Perou se sont associés pour chasser les espagnols qui voulaient recoloniser la region au nom d’un endettement excessif.Les chiliens s’impliquerent fortement en defendant la Bolivie et obtinrent, en reconnaissance, des droits sur l’extraction des nitrates. 

Le chili avec l’accord des autorités boliviennes (traité de Medianera) et peruviennes a investi massivement dans l’extraction et la vente de cette matiere. Voyant que ces operations etaient eminament juteuses, la Bolivie, toujours en butte a son instabilité, a annulé unilateralementle traité avec le Chili et l’a simplement transformé en une defiscalisation sur 25 ans. 

Elle ne respectera même pas ce second accord et, avec le Perou, a formé une alliance. Le Perou a decidé de nationaliser l’extraction du nitrate et la Bolivie a introduit une taxe de 10p sur le transport vers le seul port en eaux profonde -Antofagasta- déjà occupé economiquement par le Chili. 
Le Chili fut pris a la gorge, etranglé et decida alors pour preserver ses interets, de forcer ces 2 pays (ingrats) à respecter le droit, pas de taxes d’un coté et pas expropriations des investissements chiliens, d’autant que par derrière, la Grande Bretagne a tout fait pour aider le Chili a cette solution qui rentrait dans ses interets, coté approvisionnement, evidement.

De plus, le Chili occupait déja de fait la region d’antofagasta, avec le droit de vote par exemple et des ressortissants et forte majorité (70% environ). la Bolivie a decidé une expropriation des entreprises chiliennes et avec l’excuse de « mauvais traitement » l’armée chilienne a « envahi » avec 300 soldats la ville.

Le Chili n’a pas declaré la guerre à la Bolivie car jusqu’au bout ils pensaient resoudre le probleme pacifiquement avec l’aide du Perou d’ailleurs. C’est lorsque la Bolivie à exigé du Perou une aide militaire que le Chili a du alors declarer la guerre a la Bolivie.
Le Perou a longtemps hesité mais n’a pas decidé d’etre neutre et a fini par s’associer avec la Bolivie.

Le Chili, encore maintenant, a un peuple tres doux qui deteste en général le recours a la force. c’est surement aussi pour cette raison qu’un Pinochet a pu le controler.

Le Chili a commencé par perdre des batailles, mais comme ce sont de bons marins ils controlerent toute la cote et permirent a leurs armées de progresser.
Les Peruviens abandonerent rapidement car leur population n’avait pas vraiment envie de se battre, même si une forme de guerilla s’est developpée.
L’instabilité politique ne les a pas aidé, les populations etaient plutot resignées ou tout du moins tolerantes a ces episodes politiques. En fait le Chili etait equipé a cette epoque d’excellentes armes allemandes et une organisation militaire bien faite. Ils progresserent sans trop de difficultés et entrerent a Lima, puis signerent un accord qui eu beaucoup de mal a etre respecté jusqu’a la signature en 1904 d’un vrai traité où le perou laissait Arica et tout ce qu’il possedait au sud et la Bolivie le territoire cotier entre les deux.

Bref, le chili, depossedé de ses droits economiques a tenté, helas par la force, de les faire respecter et le Perou et la Bolivie prirent la responsabilité d’une guerre en considerant leur forces armées plus nombreuses et plus fortes. 
Helas ce ne fut pas le cas, la guerre etant ce qu’elle est le vainqueur acquiert des droits qui sont acceptés, helas remis en cause par la Bolivie maintenant.

Le Perou ne revendique plus rien a ce jour excepté un petit triangle de terre mal defini - de quelques centaines de m2 - et cela depuis la decision de la Haye.

Aujourd’hui, la Bolivie, ayant constaté que le Chili se laissait faire, que le Perou avait fait rectifier les conditions du traité de 1904 a fait remonter ses propres problemes internes, une autre maniere de distraire sa population, toujours en instabilité politique, en reclamant une sortie a la mer en pleine souveraineté, c’est a dire en coupant le territoire chilien en deux.

Plusieurs fois, le Chili a tenté de resoudre le probleme, notament par un couloir multinational au nord d’Arica mais le Perou ne veut pas d’un corridor a sa frontiere sud. Il existe même des projets plus farfelus comme un tunnel entre la Bolivie et la mer juste sous la frontiere entre le Perou et la Bolivie !

La Bolivie s’est egalement lancé des des guerres inutiles -et perdues- avec tous ses voisins pour tenter de regler ses problemes internes, nul doute que nous sommes dans une nouvelles phase de ce genre.


A PROPOS DE L’ARGENTINE


j’ai passé ci-dessus le fait que le Perou et la Bolivie avait demandé a l’Argentine de participer a leur alliance pour contraindre le Chili. 

Helas pour eux, le Chili avait une bonne relation avec le Bresil, et ce dernier a « conseillé » aux argentins de ne pas se mettre dans cette aventure. Le Bresil avait d’ailleurs déjà eu quelques problemes precedement avec l’Argentine, qui donnaient un poids a ce conseil.

Pendant que le Chili gerera ses démélés avec le Perou et la Bolivie, elle en profitera pour s’emparer de la Patagonie chilienne... En effet, selon la regle de l’intangibilité des frontieres, apres la decolonisation espagnole une grande partie de la Patagonie revenait au Chili.
Mais l’Argentine a profité de la guerre du Pacifique pour s’installer (occuper des terrains avec des « colons ») pour justifier ensuite de sa proprieté. 
Bonne pâte, le Chili signera ensuite avec l’Argentine un nouveau traité basé sur la ligne de partage des eaux, validant par la geographie la recuperation argentine de territoires a l’ouest de la cordillere sud.


A PROPOS DU MERCOSUR

Le Chili est membre associe du Mercosur (1991) depuis 1996.Le Mercosur etant un espace de libre echange plus quelques details politiques, le Chili a conclu un accord de libre echange (également) avec les pays du Mercosur.
Signer un accord de libre echange avec une association de pays en libre echange, j’ai raccourci le sujet.

Comme le Chili n’est pas un des etats fondateurs et qu’il souhaite garder quelques exceptions, surtout dans le domaine des travailleurs etrangers, il n’est considere que comme un « etat associé ».


A PROPOS DES VOITURES, ET DU DELIRE !

Bof, rien a voir avec les trafiquants que chassent les militaires chiliens. Je ne comprends pas trop, je n’ai parlé d’aucun probleme de frontières entre les deux pays, bien qu’il y ait regulierement des incidents.

A defaut de l’URL d’El Mercurio que personne ne comprendrait, j’ai preferé vous mettre un lien avec un journal français :

http://blog.lefigaro.fr/amerique-latine/2011/06/le-gouvernement-bolivien-regularise-les-voitures-sans-papier.html


ENFIN, LA SITUATION CHILIENNE...

Le Chili de Bachelet est en pleine mutation.Contrairement a ce qui est écrit les « affaires » sont permanentes et touchent tous les partis, comme partout, y compris la gauche où le propre fils de Bachelet s’est fait prendre la main dans le sac avec une mauvaise affaire immobilière.

Avec le temps, l’episode Pinochet s’estompe et les chiliens sont moins peureux mais tout aussi doux, et exigents en terme d’egalité si ce n’etait le « classisme » qui structure le pays.

Le Chili, apres sa proximité avec le Royaume Uni, jusqu’a la 2eme guerre mondiale, puis avec les Etats Unis a travers l’ecole de Chicago (et l’ALENA), font que celui ci reste un pays tres a droite, certes, dont l’economie est bien gérée et la structure politique, souvent copiée sur la France, assez efficace même si Bachelet a entamé des evolutions parfois discutables.

Oui, par ailleurs et avec la financiarisation de l’economie, la richesse a tendance a se concentrer, mais je n’ai pas l’impression que ce soit caricaturalement plus marqué qu’en Europe.

En tout etat de cause, je ne connais pas l’auteur, mais ce qui est evident c’est qu’il a du s’expatrier et n’a plus une connaissance de la realité chilienne... Il suffit de regarder la tendance des sources qu’il propose dans son article et dans la réponse qu’il a fait a mon message pour constater qu’un certain ressenti politique le torture encore.

Je lui présente toute ma sympathie si lui ou sa famille a souffert de Pinochet mais je lui rapelle que 5 ou 6 mandats de presidents ont beaucoup modifié son pays depuis, et qu’il devrait en tenir compte avant d’interpreter avec nostalgie, son développement remarquable. 

Bien a vous... il est 3:34 ici a Santiago.

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