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Ratatouille Ziziledur 28 février 2016 00:21

SUITE

La peur et la dépendance vis à vis de l’homme

Les femmes ont peur de l’homme, du masculin conquérant de la force qui prend. Elles ont pour cela toutes les raisons d’avoir peur : des millénaires de viols, d’objétisation de la femme, de déni, d’oppression et de contrôle du féminin par la société patriarcale a créé un inconscient collectif d’angoisse vis à vis de tout ce qui touche au désir de prendre des hommes. C’est particulièrement criant dans les stages de développement personnel mettant en œuvre un rapport sensuel entre homme et femmes (tantra, massages à l’huile, etc..).

La femme dans un premier temps a besoin d’être sécurisée, de se sentir reconnue en tant que femme. L’homme ne comprend pas toujours ce surcroit de protection nécessaire à la femme pour se sentir bien et s’ouvrir à l’homme. Il ne comprend pas ce que cela fait d’être pénétré, de recevoir l’autre en soi, de s’ouvrir dans sa plus profonde vulnérabilité. De ce fait, parce que l’homme peut être brutal, grossier, obéissant, et parce qu’il l’a été dans le passé (individuel mais surtout collectif) la femme tend à maintenir l’homme à distance dans un premier temps, tout en cherchant à plaire, à séduire, pour que celui qu’elle a choisi vienne la rejoindre en union. Parfois, les hommes un peu inhibés, manquant de yang, peuvent prendre la femme à la lettre et s’arrêter là, sans chercher à aller un peu plus loin, et ne pas comprendre que si elle dit « non » maintenant, c’est peut être simplement pour éprouver l’homme dans son intention, pour savoir où il se situe (bon parfois, un non signifie aussi un non. C’est là que ça devient difficile pour un homme...). Elle le juge, l’évalue. Sera-t-il un bon amant ? Un protecteur ? Un bon père de ses enfants ? Est-il capable d’avoir une direction dans la vie tout en se laissant transformé par le féminin ? A-t-il à la fois des couilles et un cœur ? De la puissance et de l’attention ? M’aime-t-il réellement ? Va-t-il rester avec moi ? Elle peut même projeter (bien qu’elle s’en défende), l’image du Prince Charmant, qui à la fois domine le monde (« c’est un prince ») et ne voit pourtant qu’elle (« je suis l’élue de son cœur »). Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, ou la Belle et la Bête ne sont pas très loin à ce moment. Elle a besoin de vérifier que l’homme puisse assurer, par ses qualités de leader, de courage, de protection, tout en étant tendre et prévenant. C’est le moment où la femme fait « durer le plaisir » de l’attente, en vivant les frôlements du désir qui monte et si possible en se jouant un scénario romantique « je l’aime, il m’aime » (cf. mon précédent billet sur L’amour romantique).

Dans cette phase, une femme encore un peu infantile peut sembler très paradoxale : elle demande à l’homme de dire tout ce qu’il pense, qu’il lui soit totalement transparent, mais en même temps elle ne veut entendre que des "je t’aime toi exclusivement et pour la vie". C’est la petite fille qui parle, dans cette demande absolue d’être entièrement l’objet de l’amour de l’autre. Elle dit : "je cherche l’amour absolu sans lequel la vie ne vaut pas la peine d’être vécu« . Entendez : »je veux être aimée totalement, exclusivement, et que tu sois tout à moi, rien qu’à moi". Une manifestation de l’ego ? non.... ☺

Une fois la peur de l’homme franchie, vient la dépendance. La tragédie de beaucoup de femmes, c’est de croire que leur existence, leur réussite, leur bonheur et leur plaisir dépend de cette relation, qu’elle n’existe qu’au travers d’une vie à deux avec un compagnon. Évidemment, cette situation a été dénoncée par le féminisme qui a vu là l’expression de la domination machiste, et du stéréotype de la femme « féminine » qu’il fallait casser. Et effectivement, il y a beaucoup de stéréotypes là-dedans, mais pas seulement. Les femmes qui se sont rebellées contre ces stéréotypes féminins, sont devenues comme des hommes : affirmées, courageuses, compétitives, rationnelles, mais aussi compétitives, sèches, ayant perdu leur intuition. En gros, elles ne se sont libérées d’un stéréotype que pour en endosser un autre, celui de l’executive woman, de la « femme libérée » comme on disait dans les années 80, une femme dirigée en fait par sa partie masculine, son animus, pour employer un terme Jungien. De ce fait, si dans un premier temps les femmes ont été dominées, dans le second, les femmes sont devenues l’égal des hommes, mais en endossant un costume masculin. Dans les deux cas, le féminin est nié, dévalorisé.
La peur et la dépendance engendrent tout un ensemble de comportements destinés à juguler cette peur. J’ai parlé de mettre l’homme à distance, mais il y a d’autres comportements à l’âge adulte, qui viennent compenser des mécanismes infantiles sous-jacents. Lorsque la femme a peur, elle peut tomber dans les écueils les plus fréquents (qui correspondent aux aspects négatifs des archétypes du féminin.

  1. Rester une petite fille et chercher un « père », c’est à dire un être protecteur qui lui assure des revenus et qui la protège. Dans ce cas, elle cherchera à être très « féminine » (dans l’acception patriarcale du terme), en étant sexy, séductrice, « poupée barbie », pour correspondre à l’image projetée de l’anima de l’homme (un aspect dégradé de l’archétype d’Aphrodite/Vénus, la déesse de l’amour). Tout se passe bien en général tant que la femme est belle et jeune, car elle peut lutter contre les prétendantes en mettant en avant sa plastique (image de la « Bimbo »). Mais l’âge aidant, la vie l’amènera parfois à faire un travail sur elle, à sortir de ce comportement infantile car le temps travaille pour son âme en dégradant son corps.
  2. Prendre le contrôle de son environnement, en cherchant à tout maîtriser, surveillant tout, supervisant tout, en particulier son compagnon. Elle fera tout alors tout pour garder son homme en le « castrant » légèrement, c’est-à-dire en faisant en sorte qu’il ne soit pas trop « puissant » et rayonnant pour empêcher qu’il prenne son envol et qu’il la quitte. Personnellement, je vois beaucoup de couples autour de moi (dans le développement personnel, l’écologie et la recherche scientifique), qui sont dans cette situation : une femme contrôlante et un homme peu puissant. Je reviendrai bientôt dans un prochain billet sur ces structures de couples. Dans le domaine des archétypes, c’est Héra/Junon, la femme de Zeus/Jupiter, la femme éternellement jalouse de son homme ou bien Athéna, la femme de tête qui devient executive woman et prend le contrôle de sa vie en devenant aussi efficace qu’un homme.
  3. Fuir toute relation avec les hommes et devenir une « nonne » en renonçant à la sexualité (et surtout à toute vie en couple) et éventuellement à la maternité (archétype de la femme adolescente, Artémis/Diane). Soit en restant une éternelle adolescente rebelle, soit en devenant un être hommasse (le pendant féminin de « femmelette » pour un homme), lorsque le masculin prend toute la place pour empêcher de « sentir » la vie et les peurs qui vont avec.
  4. Devenir une « femme fatale » en se mettant en position de domination vis à vis de l’homme. Cette attitude lui permet de ne plus avoir de relation sentimentale avec un homme, uniquement préoccupée par le sexe pour ne pas avoir à ouvrir son cour (archétype de la femme Lilitth). Mais ce faisant, elle se retrouve souvent seule (les autres femmes la chasse, elle ne peut pas avoir de relations d’égalité avec un homme), en quête perpétuelle de celui ou de ceux qu’elle pourra dominer en les liant par le sexe.
  5. Devenir une « mère universelle » en s’occupant des autres et en niant toute la partie sexuelle et charnelle de la féminité. Elle peut le faire en étant totalement effacée et en s’oubliant elle-même (archétype de Hestia/Vesta, la déesse du foyer), ou au contraire en n’étant plus que mère et en voulant tout pour les autres (archétype de Déméter, mais aussi de la « mère juive » (ou méditerranéenne) qui se met au service du foyer en étouffant les autres par sa personnalité rayonnante)

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