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velosolex velosolex 23 novembre 2016 18:42

Bon article. Bravo pour cet hommage ! Je me souviens encore comme beaucoup du discours de Malraux à l’occasion de l’entrée de Jean Moulin au panthéon. C’était en 64 j’avais dix ans..Un après midi pluvieux à m’ennuyer devant la télé, et sa voix et ses intonations d’outre tombe me donnèrent à la fois le gout de l’histoire et de la littérature, et sans doute quelque chose, d’indéfinissable, de tremblant..

Un peu la même idée que Marc Bloch ( un autre héros ) évoque dans cette citation célèbre :«  Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »...
il y eut plusieurs Malraux, mais on se rappelle surtout du Malraux jeune, une sorte de Corto Maltèse levant l’escadrille républicaine pendant la guerre d’Espagne...Espagne sacrifiée par les grandes puissances, jetée en pâtures aux fachos, à Mussolini et à Hitler...Le monde n’aurait pas été le même s’il y avait eu plus de Malraux et d’Orwell à s’opposer au pire, à la destruction programmé de l’europe, qui n’avait alors rien d’inéluctable...
Malraux a fait partie des voyants, des courageux qui mirent leur vie en danger pour défendre des camarades, des hommes, des principes, au delà des idées.... Et puis bien sûr comment oublier celui de la résistance, de son compagnonnage étrange avec le général de Gaulle. Deux hommes situés sur des rails opposés, et pourtant qui ont fait route ensemble et se sont appréciés. 
Je lui pardonnerai son incapacité à comprendre 68, le passage d’une génération et de valeurs à d’autres sur fond d’amnésie trop rapide des événements de la libération qui lui avait donné une posture...Mais la jeunesse est cruelle, et ne veut pas entendre la voix chevrotante des vieillards ad eternum. C’est ainsi qu’on mesure qu’on est passé d’un monde à l’autre, et qu’on fait partie de l’histoire. Et puis toute vie courageuse et combattante suppose forcément des engagements, des erreurs, surtout en fait de parcours, quand il faut courir de plus en plus vite sur le quai des gares, à la recherche de trains fantomatiques, où plus personne ne monte.

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