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En réponse à :


(---.---.39.86) 19 février 2007 22:32

à l’auteur.

Personnellement, je ne connais pas le monde de la recherche publique. Je connais un peu mieux celui de la recherche privée, travaillant précisément pour des chercheurs dans un groupe privé.

Les difficultés que connaît la recherche publique sont grosso modo les mêmes que la recherche privée : budgets limités, parfois réduits en cours de route, contraintes administratives... rien de très original.

Je suis surpris de lire « Un chercheur dont l’expérience dure vingt ans (en physique parfois, en écologie, en médecine aussi) aura moins souvent l’occasion de publier ». Ca ne correspond guère à ce que j’observe quasiment tous les jours : A moins que le chercheur n’attende pour publier d’avoir totalement terminé son étude (ce qui serait pour le moins curieux), il publie tout au long de son travail, ce qui lui permet de recueillir des critiques, des avis, des compléments... etc qui lui permettent d’avancer. Il est relativement facile même de suivre les progrès de ses études en observant la chronologie de ses publications.

Et les chercheurs que je côtoie ont le même impératif : trouver des applications économiquement viables, et pas seulement trouver de belles inventions inutilisables. La pierre philosophale, par exemple, existe réellement : il est possible de créer de l’or... mais le coût est très largement supérieur à ce que vaudrait l’or ainsi produit.

Mais d’après les échos que j’en ai, le problème de la recherche est surtout le faible niveau de communication entre chercheurs publics et chercheurs privés. Tout le monde le souhaite, mais c’est difficile à réaliser : ça demande du temps, de l’argent, des contacts, des réseaux... toutes choses difficiles à obtenir et entretenir.

Et (toujours dans le privé), pour faire de la recherche, il faut aussi disposer de stagiaires, étudiants, thésards, qui travaillent sur le sujet. Ce sont encore des moyens qui coûtent (même si ces « nègres »-là sont hélas pour eux mal payés).

Je suis aussi surpris de lire que « il est plus intéressant de faire des expériences de quinze jours ou des modèles théoriques qui n’ont aucune validation ou liaison avec la réalité, plutôt que de se lancer dans des études à long terme, qui ont toutes les chances de capoter par manque de moyen ou de financement ».

Jouer un pareil jeu me semble le meilleur moyen pour un chercheur de se discréditer. Les études bidon, ça ne peut faire illusion bien longtemps. Exception faite peut-être de quelques mandarins que leur notoriété protège des retombées, et qui peuvent se permettre de publier des choses sans réel intérêt... et encore, j’ai du mal à croire que ça puisse fonctionner longtemps.

Quant aux insolubles problèmes de financement de la recherche universitaire, mon opinion (toute personnelle) est que plutôt que d’attendre (espérer, plutôt) des financements venus d’en haut, il lui faudrait plutôt se rapprocher davantage de l’industrie et lui « vendre » le produit de ses recherches, sous une forme à définir. Une forme de partenariat, pour faire court.


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