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Copper Lebrun Copper Lebrun 21 juillet 2017 20:48

 @Virginie Bianchini

Bonjour. Vous faites bien d’apporter ces précisions. En effet, dans ce texte, parfois je m’exprime au premier degré, et parfois au second (prenant le parti d’un « individu lambda »). C’est dans ce sens que je faisais la lecture du terme « psychotique » comme de « grave » et « irrécupérable ». Je crois ne pas me tromper en affirmant que ces termes sont synonymes pour la plupart des gens.

Tout d’abord pour ma part j’évite d’employer le terme « psychotique » ; même si je sais qu’il reste présent dans une classification moderne de psychiatrie (nommément, le DSM 5), puisque dans cette classification, la « psychose » est toujours conçue historiquement à partir de l’étude de la schizophrénie, si je ne m’abuse.

Dans ce contexte, le « psychotique » signifie celui qui a, à un degré plus ou moins important, les symptômes de la schizophrénie, le tryptique hallucinations-voix-délires, destructuration du langage, du comportement + les « symptômes négatifs » à savoir repli sur soi, comportements d’évitement du monde social, diminution des facultés cognitives. (veuillez me corriger si je me trompe)

Il est bien entendu que le terme « schizophrène » lui-même est sujet à caution car on a tendance à l’utiliser extensivement même si la personne ne manifeste qu’une partie des symptômes ci-dessus. Une personne peut tout à fait entendre des voix, avoir des visions, et donc, selon la classification DSM 5, ne sera pas considérée comme schizophrène. Au mieux comme schizotypique. Quant aux délires (cela peut aller de la « confusion mentale », à la « bouffée délirante » passagère, aux délires suscités par des causes physiologiques _manque de sommeil, faim_ ou à la prise de stupéfiants ou d’alcool) ils sont présents dans de nombreuses autres pathologies et la confusion est facile.

La confusion est aussi possible avec d’autres troubles, en particulier le syndrôme schizo-affectif, qui est à mi-chemin entre le syndrôme bipolaire et la schizophrénie.

En France, j’ai tendance à dire que le terme de psychose ne veut plus rien dire... c’est une conclusion à laquelle vous pouvez vous-même arriver en regardant l’emploi qui en est fait par des psychiatres ou des pédo-psychiatres d’obédience psychanalytique. Par exemple dans le site suivant http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/psychiatrie.htm ou dans la COP 13 dont vous pouvez avoir un résumé critique ici https://igorthiriez.com/2013/08/14/evaluer-les-psychoses-avec-la-cop-13-2011-%E2%99%A5%C2%BD/.

Vous pouvez voir que le terme « psychose » n’est pas du tout équivalent, en psychanalyse, du terme « schizophrénie » ou de syndrômes approchants. Il signifie quelque chose d’origine vaguement psychologique, émotionnelle, et je suis estomaqué de la dimension que les psychanalystes donnent à ces phénomènes, dimension déshumanisante et eugéniste qui se vérifie dans l’histoire, malheureusement, 40000 malades mentaux sont décédés entre 1940 et 1944 (régime de Vichy), privés de nourriture alors que les grands médecins s’intriguaient, de ce nouveau symptôme « psychotique » qui était de manger de l’herbe. (juste un témoignage de la façon dont ce terme a été employé, et l’est toujours, pour pathologiser la personne jusqu’à justifier des actes d’exclusion et d’abandon, et des mauvais traitements).

Oui ça serait bien que vous écriviez un livre en effet, si vous arrivez à dépasser cette honte. Pour ma part, j’éprouvais aussi cette « honte » destructrice consistant à ne pas comprendre mon syndrôme. Mais la connaissance délivre, dans ce domaine, c’est un fait. Mais il faudra s’affirmer ! Regardez le nombre de livres que l’on peut trouver dans les grandes enseignes sur le sujet des maladies mentales graves (schizophrénie et bipolarité, je sais il y en a d’autres...). Le nombre est ridicule comparé à tous les ouvrages traitant du « bien-être ».

Si les gens savaient à quel point leur « bien-être » peut être transitoire, et à quel point la société est cruelle envers ceux qui ont le malheur d’être différents. Ils perdent tout, et c’est valable pour un pourcentage de la population de l’ordre de 1% concernant la schizophrénie à ELLE SEULE.

En tous cas je vous félicite d’arriver à tenir debout avec vos particularités, votre neuroatypicité.

Je serai content d’entendre parler de vos projets de spectacle comique, il me semble que cela pourrait en effet être une excellente idée.

En outre, il se peut tout à fait que vous possédiez des traits autistiques, malheureusement, les protocoles diagnostiques ne sont à ce jour pas capables d’en rendre compte (la théorie de la « triade autistique fragmentée » étant séduisante mais à ce jour peu confirmée par les découvertes neurologiques), ou même que vous soyez autiste et schizophrène (je ne vous cache pas que les chances sont faibles, de l’ordre de 1 sur 10000 cependant).

Merci pour vos encouragements

Cordialement

Copper Lebrun


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