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Boulie (---.---.102.172) 28 février 2007 11:39

Merci à l’auteur de nous alerter sur le sort des grands cétacés méditerranéens. L’initiative REPCET va bien évidemment dans le bon sens. La route est néanmoins encore longue pour atteindre un niveau de préservation durable de ces espèces. Les collisions sont une source de mortalité. Il y en a d’autres. Pour n’en esquisser que deux qui me paraissent significatives,

> les puissantes émissions sonar des sous-marins ou navires ASM militaires qui perturbent souvent irrémédiablement les senseurs des cétacés ; le faible nombre d’individus retrouvés échoués à la côte n’est pas représentatif des pertes réelles : les régions abyssales méditerranéennes recèlent de nombreux cadavres de cétacés désorientés.

> Le réchauffement climatique qui modifie lentement mais inéxorablement les biocénoses benthiques et littorales, forçant les prédateurs à migrer hors de leur environnement habituel. Sauront-ils véritablement s’y adapter à temps (avant que leur démographie n’ait atteint un seuil de non retour) ?

La sauvegarde des grands cétacés et des autres ne repose que sur un petit nombre de bonnes volontés. Des chercheurs, des associations, des marins, pour la plupart, mais qui peinent à trouver les subsides publics nécessaires à cette juste cause. Les moyens financiers publics sont essentiellement dédiés aux recherches et aux actions susceptibles de faire avancer la cause des humains, plutôt que celle de ces animaux, pourtant dotés d’une grande intelligence.

Vous ne trouverez vraisemblablement aucun ministre de la recherche, du développement durable ou de l’environnement qui vous dira qu’il se désintéresse des cétacés méditerranéens... Mais lorsque vous lui demanderez des crédits, il écartera les bras en geste d’impuissance. Tout au plus vous assura-t-il(ou elle) qu’un dossier est ouvert sur cette thématique dans son cabinet ministériel ou dans ses services et qu’il attache une grande importance... à ne pas le refermer.

A l’heure où la conscience des impacts prévisibles du réchauffement climatique sur nos civilisations humaines commence seulement à affleurer les sémillants neurones de nos décideurs, je crains que les crédits publics et le potentiel d’action des gouvernements du pourtour méditerranéens ne soient quasi exclusivement dédiés aux tentatives de sauvegarde des humains.

Si les cétacés ont conscience que leurs misères sont intrinsèquement dûes aux activités humaines, ils ne seront guère surpris que ces mêmes humains, portés par la préoccupation de leur propre pérennité, renoncent à leur porter secours.


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