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Christian Labrune Christian Labrune 21 octobre 2017 10:27

@kabouli
Je vois, même si ce n’est pas précisé dans l’en-tête, que c’est à moi que que vous répondez.
Première remarque : la littérature de Destouches est une littérature de merde. Quand on a passé des années à étudier les lettres et qu’on soulève ce qui se trouve sur les tables les plus extérieures des libraires, il ne faut pas lire plus de trois pages pour savoir si ça tient le coup. Indépendamment même de son idéologie particulière, Destouches ne tient pas le coup. Je suppose qu’il aura été une sorte de point de ralliement, de petit drapeau pour la réunion de tous les antisémites qui se seront fabriqué de toutes pièces une sorte de totem.

Sartre avait trouvé bon, à une époque où il n’était pas encore gâteux, de mettre une phrase de ce connard en tête de « La Nausée ». Les erreurs de Sartre, qui avait passé un an à Berlin pour y étudier la phénoménologie sans se rendre compte de ce qui était en train de s’y passer et applaudissant plus tard à une conférence de Münich qui allait « sauver la paix », n’est pas vraiment un modèle de lucidité.

On n’appréhende pas la philosophie de la même façon que la littérature, surtout quand on lit en traduction. J’ai donc lu Heidegger, et pas seulement « Sein und Zeit », mais ce ne fut pas sans quelque embarras : dans les années 70 où Sartre faisait encore illusion et quand on n’était pas un vrai spécialiste de la philosophie, on pouvait se dire que Heidegger était au fond un successeur de Husserl. Je cherchais par conséquent dans « Sein und Zeit » quelque chose qui eût été une sorte d’approfondissement de la phénoménologie transcendentale et je ne le trouvais nulle part. Il s’agissait de deux mondes qui me paraissaient radicalement différents. Là encore il faut bien voir que Sartre s’était complètement fourvoyé. Son existentialisme continuait à se réclamer d’un Heidegger qui, par ailleurs, regardait Sartre comme un plaisantin. Plus tard j’aurai lu dans les « Cahiers pour une morale » une phrase consternante où le borgne français dit de Husserl qu’il est un « petit philosophe » ! Mais c’est que l’auteur des « Idéen », fonctionnaire de la philosophie comme il aime à se définir, ne sacrifie jamais, lui, à une sorte de sensationnalisme de style Saint-Germain des Prés. Si vous lisez « La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendentale », vous verrez que Husserl reproche à Heidegger d’avoir réduit une phénoménologie transcendentale qui naît avec Brentano et dont il avait été le continuateur, à une « espèce d’anthropologie ». On ne saurait mieux dire.

j’espère que le début de votre intervention : « On ne voit pas ce que vous reprochez au nazisme » est une simple provocation rhétorique et une plaisanterie de mauvais goût. Si j’avais eu l’absolue certitude du contraire, je n’aurais évidemment pas pris soin de vous répondre.


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