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JL JL 2 février 2018 10:20

« cette société nous convient parce qu’elle est là, et que nous voulons la maintenir pour maintenir notre pouvoir sur elle »
 
Ce n’est même plus une société de consommation : c’est une société de prédation. Et encore, le terme société n’a plus de sens : le monde capitaliste est devenu le monde de la prédation.
 
« Nous assistons à la faillite d’un système fondé sur l’exploitation cupide de l’homme et de la nature. Nous sommes dans une économie qui se détruit en détruisant la planète. Au lieu d’investir dans la modernisation des secteurs prioritaires, le capitalisme sacrifie à la spéculation boursière l’industrie et les services publics qu’il se glorifiait hier de promouvoir. La prédominance de la rentabilité et l’urgence du profit ont propagé un nihilisme, où l’envers vaut l’endroit et un désespoir que la frénésie consumériste accroît et exorcise tandis que le pouvoir d’achat diminue. Le culte de l’argent établit, plus qu’une complicité, une communion d’esprit entre le malfrat qui agresse les pauvres, brûle une école, une bibliothèque et la brute affairiste qui accroît ses bénéfices en détruisant le bien public et les acquis sociaux. Jamais ceux qui s’arrogent le titre de dirigeant n’ont atteint à un tel degré d’incompétence et de stupidité et jamais ce »moins que rien« dont ils s’infatuent n’a autant passé pour »quelque chose« , tant se perpétue le préjugé que l’homme n’est pas capable d’agir de façon autonome et de créer sa propre destinée. Le clientélisme politique a corrompu les démocraties, désormais à la botte des multinationales. Il n’y a plus ni idées ni croyances qui ne se trouvent dénuées de sens, éviscérées, réduites à cet état de charogne, qui fascine les foules aveuglées par le ressentiment, le désespoir, l’ultime prédation, la quête angoissée d’un emploi d’esclave et l’impression d’existence absurde, propice à une grande variété de comportements suicidaires … Ceux qui appellent à travailler davantage sont les mêmes qui ferment les usines pour les jouer en Bourse. Ils privilégient le travail parasitaire en multipliant les services inutiles et ils envoient à la casse les secteurs prioritaires (écoles, hôpitaux, métallurgie, textile, logement, transports). ’’ 
Entre le deuil du monde et la joie de vivre », par Raoul Vaneigem, Gallimard, Verticales


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