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Christian Labrune Christian Labrune 5 février 2018 11:25

à l’auteur,
L’intelligence artificielle a longtemps paru à ceux qui ne comprennent pas grand chose à l’informatique une espèce de rêverie digne de la science fiction. Au reste, il suffit de lire ce qui s’écrit sur AgoraVox concernant cette question pour constater que les choses n’ont guère changé bien qu’on ne lise quand même plus les mêmes stupidités qu’il y a vingt ans, du genre : il faudra toujours des hommes pour construire les machines et pour les programmer.

Des avancées considérables et tout à fait inespérées ont eu lieu dans la recherche il y a moins de dix ans quand, à cause d’un accroissement de la rapidité de traitement de l’information et de son transfert dans des réseaux complexes, on a pu mettre au point des algorithmes capables de traiter les big data. D’un seul coup, le changement d’approche concernant la traduction automatisée rendait obsolètes les anciens systèmes très inopérants qui partaient d’une analyse du système des langues et de leur grammaire. Les machines commencent à comprendre les langues naturelles et c’est tout à fait essentiel pour tout ce qui concerne le difficile problème de la reconnaissance des formes dans les images video que fournissent les caméras. Une automobile autonome qui circule dans un espace toujours changeant et qu’elle ne connaît pas, espace qui ne comporte aucun système de guidage, doit être évidemment aussi capable qu’un conducteur humain de mettre des mots sur les objets qui l’environnent et, partant de lâ, en interrogeant les banques de données, de savoir quasi instantanément ce que sont les propriétés de ces objets.

Vous parlez d’usines fonctionnant sans aucune intervention humaine. Non seulement c’est possible, mais c’est ce qu’on verra dans les quinze prochaines années, et c’est tout le système de production qui, à terme, va s’automatiser. Il n’est pas difficile de concevoir que de l’interconnexion de multiples systèmes commandés par l’IA faible émergera nécessairement, et probablement bien avant le milieu de ce siècle, une IA forte. Il n’y a aucun travail portant sur les objets du monde réel qui ne puisse être réalisé par des machines. A un degré d’abstraction supérieur, rien n’empêche de penser que des machines puissent également, dès lors qu’elles disposeront du langage naturel, manipuler les concepts qui nous servent, depuis les présocratiques, à philosopher. Au reste, chacun sait que dans le développement de l’informatique, ce n’est pas la manipulation des abstractions qui est difficile (il y a déjà longtemps que les machines démontrent des théorèmes ou battent les meilleurs champions aux échecs) mais tout ce qui dépend de la perception du monde réel. Comment restituer cela dans le langage ordinaire ?

 Rien n’interdit d’imaginer qu’on puisse confier un jour la gestion de l’ensemble des ressources de la planète à des machines intelligentes qui calculeraient les besoins des populations, ajusteraient en conséquence le système de production global. Que deviendraient nos politiciens ? Etant donné leur incapacité à prévoir au-delà de la fin de leur mandat, leur remplacement par une raison centrale capable d’harmoniser au mieux la chose publique mondiale ne serait peut-être pas une mauvaise chose.

Dans vingt ans, la moitié des emplois auront complètement disparu, et pas seulement les moins qualifiés. Il n’y aura évidemment plus de caissières dans les magasins, plus de machinistes dans les bus et les métros, de pilotes dans les avions (qui sont cause de la plupart des catastrophes !), mais les médecins généralistes aussi disparaîtront. Beaucoup d’interventions chirurgicales classiques, même si on préfère ne pas le dire aux patients, sont déjà plus ou moins complètement effectuées par des machines. Et je ne parle pas des enseignants : quand les enfants pourront converser du matin au soir avec une entité omnisciente, ils auront tous un précepteur à la maison.

Je n’ai pas du tout l’impression que les politiques aient compris cette véritable révolution et encore moins la nécessité de s’y préparer. On parle de l’IA parce que c’est à la mode, mais on n’en voit pas les conséquences. Macron doit se dire que ça n’arrivera pas avant la fin de son mandat. Après nous, le déluge !

La question des terres rares est actuellement aussi importante que celle du pétrole dans les années 70. On prophétisait alors que les ressources fossiles n’étaient pas inépuisables. A la fin du siècle, ce serait fini, les puits seraient à sec. Mais il y en avait beaucoup plus qu’on ne lepensait : on n’avait même pas envisagé l’exploitation des gaz de schiste. On imaginait, il est vrai, que la fusion atomique serait bientôt maîtrisée. Elle ne l’est toujours pas, mais comme elle est théoriquement possible, elle le sera nécessairement avant la fin de ce siècle, et l’énergie ne coûtera plus grand chose : ce n’est pas l’hydrogène qui manque dans l’univers.


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