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Renaud Bouchard Renaud Bouchard 13 octobre 2018 12:44

Aux Lecteurs Suite d’ l’article d’Alexandre Del Valle

De Booba à Médine   Récemment, on a beaucoup parlé dans les médias et les tribunaux des deux chanteurs rap ennemis, Kaaris et Booba, qui ont prouvé par la rixe entre leurs deux « clans » respectifs survenue en septembre dernier en plein aéroport, que leurs appels à la haine « artistiques » ne sont pas seulement allégoriques mais correspondent bien à un état d’esprit néo-barbare. Pour ce qui est de Booba, le plus riche et célèbre des deux rappeurs, il dénonce le racisme occidental et français, mais il fait l’éloge du terroriste franco-algérien Mohamed Merah (dont son propre frère aîné a reconnu qu’il a été élevé dans le double racisme obsessionnel envers les juifs et les Français « de souche »). Ainsi Dans une de ses chansons (« Porsche Panamera »), Booba crée un pont entre le rap afro et le rapislamiste pro-terroriste puisqu’il y présente Mohamed Mérah comme un homme qui poursuit une « cause » et qui est donc béni par Dieu pour sa violence : « On canarde tout pour une cause, Mohamed Merah », « Allah y rahmo Dieu ait son âme car seul le crime paie », « Bang Bang dans vos têtes, on vous rafale on a l’seum comme Merah »…
On se rappelle aussi des paroles du groupe Sexion d’Assaut qui appelle dans un de ses clips les jeunes à mutiler et à massacrer les homosexuels de cette façon plus qu’explicite et qui peut autant plaire à des esprits néo-barbares « orange mécanique » qu’à des jihadistes authentiques : « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent, coupe-leur le pénis, laisse-les morts sur le périph »… Enfin, il est intéressant aussi de revenir sur Médine, le rappeur dont le nom renvoie à la ville d’Arabie (Yatrib, Médine, l’un des 2 lieux sacrés de l’islam), où Mahomet devint un chef politique et guerrier polygame par opposition à La Mecque où il avait été un chef spirituel pacifique monogame). Ici, on a affaire à un style de « rapislamisme » encore plus idéologiquement pensé que les groupes précédents, dont l’islamisme était plus identitaire et constituait un support comme un autre d’une révolte haineuse.Avec Médine, qui a fait plus de 620 000 vues avec son album « Don’t Laïk », on est loin du nihilisme ou d’un simple esprit néo-tribal ayant comme vernis l’islam, car il s’agit là d’un authentique militant islamiste engagé dont le discours vindicatif et prosélyte s’apparente à celui des Frères musulmans plus qu’aux blacks muslims d’outre-Atlantique. Le message de Médine, qui poussa l’indécence jusqu’à prévoir des concerts de rapislamisme au Bataclan malgré la protestation des familles des victimes des attentats et de l’avocat Philippe de Veulle, mérite d’être écouté : La France, la Marianne, la République laïque et nos sociétés libérales sécularisées occidentales y sont conspués. L’islamisation est présentée comme la seule voie expiatoire possible pour cette entité « mécréante » intrinsèquement coupable. Se définissant lui-même comme « islamo-racaille », le groupe de Médine qualifie la laïcité française d’« islamophobe », « diabolique », accusée de «  comploter » contre l’Islam et de « persécuter les musulmans », or cette rhétorique victimaire et complotiste est au cœur du processus de mobilisation tant des islamistes « coupeurs de langues » (Frères musulmans, lobbies islamistes institutionnels) que « coupeurs de têtes » (jihadistes). Présenté béatement par les médias comme un « chanteur cultivé », « pacifique » , qui ne critiquerait la France et la République que par « dérision » et « allégorie », Médine a déclaré sans complexe à la Maison des Jeunes et de la Culture de Gennevilliers que la République est « coupable » notamment pour avoir empêché Dieudonné et la suprémaciste noir anti-juif Kémi Séba de donner leurs spectacles... Dans son tube « Don’t laïk » (« non laïque »), Médine avait même osé chanter, juste après la tragédie de Charlie Hebdo en janvier 2015, sans aucun égard pour les familles des victimes des terroristes jihadistes : « Crucifions les laïcards comme à Golgotha », « si j’applique la charia les voleurs pourront plus faire de main courante », « Marianne est une femen tatouée « Fuck God » sur les mamelles », « J’mets des fatwas sur la tête des cons  », etc. Ces vocables sont tous sauf innocents, car dans la lecture totalitaire de la charià propre aux jihadistes de Daech ou même des wahhabites saoudiens, « crucifier » ne renvoie pas au supplice du Christ, mais à une peine légale qui vise les « apostats », à qui l’on coupe la tête et dont le corps pourrit sur une place publique accroché à un poteau... De la même manière, le terme charià, explicitement employé positivement par Médine face aux ennemis de l’islam dits « laïcards », est sans équivoque. Il ne peut pas être présenté comme humoristique ou satirique, mais bien comme punitif. Comme Nick Conrad, qui affirme qu’appeler à « tuer des bébés blancs » est une « façon inversée d’attirer l’attention sur le racisme anti-noir  », Médine a le culot d’affirmer que ses appels à massacrer les « laïcards » participeraient de la démarche du « pamphlet artistique » destiné à critiquer les djihadistes. L’affirmation n’est pas crédible car il est contredit par son engagement officiel au sein la mouvance islamiste et communautariste qui inspire presque tous ses textes. D’ailleurs, il témoigne de la même ambiguïté lorsqu’il se fait photographier fièrement (et avec un regard tout sauf humoristique et satirique) avec un t-shirt « Jihad » du nom de son tube.   Suite

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