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En réponse à :


miaou (---.---.227.178) 19 mars 2007 23:21

@Marsupilami

Malgré mes incessantes apologies du christianisme, je suis, au fond de moi-même, un agnostique. La vérité l’existence éventuelle de Dieu est insaisissable par l’homme ; s’il existe un Dieu personnel, le dogmatisme chrétien, forcément réducteur voire faux, ne pourra, tout comme les autres dogmatismes, en saisir les caractéristiques Inutile donc de m’attaquer sur des points de dogme.

Ma défense du christianisme est essentiellement historique : le christianisme, au-delà de son apport moral, aura sauvé bien des aspects de la civilisation des invasions barbares et a fortement contribué, quoi qu’on en dise, à l’essor des sciences. Les crachats sans justification sérieuse à son encontre m’exaspèrent. Ses (trop fréquentes) zones d’ombre appraraissent en tant que tels à la lumière de ses propres principes (ce n’est pas forcément le cas pour d’autres systèmes de pensée) En outre, je suis persuadé qu’un monde sans substrat chrétien sera infiniment moins vivable ; l’évolution du monde contemporain semble le confirmer, et le parallèle entre le rapide déclin français et sa déchristianisation tout aussi rapide ne cesse de m’interpeller (cause, conséquence, corrélation ?) Néanmoins, si la laïcité se résume au refus d’une ingérence directe du religieux sur l’Etat, je ne peux qu’approuver (mais comme pour tout autre lobby, ni plus, ni moins), mais son intitutionnalisation à la française me semble un peu ridicule (pourquoi pas dans la constitution, une interdiction du lobby patronal ?), d’autant que parfois, elle me paraît être la référence morale d’un anticléricalisme qu’épargne parallèlement l’islam, pourtant autrement nocif.

Par rapport à Girard, il y a effectivement un risque de trop grande globalisation de sa théorie (trouver partout des « triangles mimétiques », d’amusant et de significatif, peut rapidement devenir lassant et sans grand sens) ; on peut quand même trouver certains faits culturels qui échappe à son pouvoir explicatif. Cela reste tout de même une très belle théorie qui comme toute théorie, se doit de définir son domaine de validité. Ramenée à une certaine modestie, elle reste donc intéressante. Sa logique, typique des théories de la complexité, est moins confuse que celle de Freud (qui multiplie les hypothèses ad hoc) et met à mal un certain relativisme culturel susceptible de mener au nihilisme. Enfin, il s’agit certainement de la meilleur réponse à Nietzsche disponible sur le marché.


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