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cettegrenouilleci 14 décembre 2018 18:53

@Axel_Borg

Bonjour Axel_Borg

Merci pour votre commentaire et la présentation de votre point de vue que je respecte mais que je ne peux partager.

 Vous affirmez que l’option transformation des règles de l’univers carcéral de l’Union Européenne est préférable à la sortie de l’UE que préconise l’UPR qui conduirait, dites-vous, à l’impuissance de la France à un moment on ne peut plus inopportun. (« sans Europe comme avant 1957, les pays du Vieux Continent seront tous des fourmis au milieu du duel américano-chinois arbitré par Indiens et Russes »).

Il y a divers obstacles de taille aux solution que vous dites préférer (maintien de la France dans une Union Européenne relookée).

Cela fait plus de soixante ans que les états concernés négocient pour faire évoluer le projet initial , en faisant tantôt miroiter monts et merveilles grâce à l’UE aux peuples dont ils ont la charge, tantôt blâmer l’UE, la Commission Européenne, les autres membres de l’UE à l’occasion des scrutins électoraux successifs, pour se faire élire ou réélire , et pour dégager leur responsabilité politique des choix effectués, des choix qui sont, comme par hasard, contraires aux intérêts des populations qu’ils sont censé défendre.

Avec quels résultats ?

—Vous dites vouloir réformer l’UE, « la purger de la technocratie bruxelloise... »
C’est un voeu pieux. Il y a une difficulté de taille à pareille entreprise : Toute modification des traités, quelle qu’elle soit, la plus minime soit-elle, requiert l’accord unanime de tous les pays membres.

Les traités constitutifs de l’Union Européenne ont été rédigés en y insérant des clauses qui rendent impossible la modification de ces traités. Donc, en cas de désaccord important, une seule solution pour le réfractaire : sortir du TFUE en demandant l’application de l’article 50 qui définit les modalités prévues pour organiser la sortie de l’UE d’un pays membre.

—Vous pensez pouvoir exclure les 4 de Visegrad et reconstruire « un cercle cohérent de pays voulant renouer avec l’esprit de Rome en 1957 ».
Pour réaliser ce tour de prestidigitation, vous avez besoin de l’accord de chacun des pays membres de ce groupe (Pologne, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie) et vous avez besoin de l« accord de chacun des 22 autres membres de l’UE (la Grande-Bretagne n’ayant plus voix au chapitre).
Dans quels délais pensez-vous pouvoir obtenir cet accord et concrétiser les transformations que vous envisagez ?

Les Gilets Jaunes et le peuple français seront-il d’accord pour attendre la fin de vos négociations avant d’obtenir la satisfaction de leurs revendications, le droit de remplir leur frigo, le droit à la dignité et à des salaires décents ?

—Vous prétendez que la réforme de l’UE que vous envisagez permettrait à la France »de se débarrasser de la rigidité bruxelloise sur les 3% de déficit« du budget de l’état à ne pas dépasser sous peine de sanctions budgétaires.
Vous ne dites pas comment vous comptez vous y prendre, ni dans quels délais cela pourra aboutir, ni quelles seront les nouvelles règles, par qui et comment elles seront établies...
Cela fait beaucoup d’inconnues....

Rapportées aux »avancées« obtenues à l’issue de 60 ans de négociations des pays membres de l’UE pour améliorer le traité initial, il y a de quoi s’inquiéter.
Le peuple français devra-t-il attendre soixante années de plus pour disposer de la maîtrise de son budget national ?

Vous signalez que l’un des intérêts majeurs qu’auraient vos propositions serait »de ne pas avoir cinquante institutions comme commission , parlement, conseil et euro-groupe mais une structure élue démocratiquement« .
Vous ne dites pas ce que serait cette structure, ni comment elle serait élue, ni comment elle fonctionnerait, ni quels seraient les critères retenus et les dispositions prises pour garantir que son élection et son fonctionnement seraient conformes aux bonnes règles de la démocratie.
Vous ne donnez par ailleurs aucune indication sur ce que deviendrait notre parlement national, notre sénat, nos institutions républicaines. Tout cela devrait-il disparaître à l’instar des propositions des acolytes de Macron qui proposent que le siège permanent de la France au Conseil de Sécurité des Nations Unies soit transféré à l’Union Européenne, ou partagé avec l’Allemagne, pour ne rien dire de notre force nucléaire échappant à notre contrôle pour être mise au service des plans agressifs de l’oligarchie euro-atlantique et de l’Otan à l’encontre de la Russie ?

—Vous dites que la réorganisation de l’UE que vous envisagez aurait pu permettre, ou permettrait » de voir ses dépenses militaires sorties des 3%« , et vous souhaitez » bâtir une véritable Europe de la défense en marge de ce que Trump mijote sur le financement américain à l’Otan« .

Je note d’abord que si l’on sort les dépenses militaires qui accroissent le déficit du budget annuel de la nation de la fourchette des trois pour cent de déficit maximum imposés pour notre budget par l’Union Européenne, cela n’efface en rien le déficit supplémentaire que ces dépenses apportent à notre budget.
Ces dépenses vont-elles servir à poursuivre l’aide apportée au régime nazi ukrainien et à financer ses opérations de maintien de l’ordre contre les populations russophones qui n’acceptent pas l’ordre nazi ?
Ces dépenses vont-elles servir à financer les opérations de guerre illégales menées contre la Syrie, ou à soutenir les plans de reconquête impérialistes et les forces rétrogrades de Ryad qui ensanglantent le Yemen, ou à soutenir les plans belliqueux de l’Otan contre la Russie ?
Quelle sera la doctrine militaire de »cette véritable Europe de la défense«  ? Quels seront ses objectifs ?
Comment sera-elle pilotée ? Qui sera en capacité d’activer le bouton de frappe nucléaire dont dispose aujourd’hui la France pour se défendre en cas de conflit ?
Toutes ces dépenses que vous voudriez décompter du déficit du budget de l’état sont-elles nécessaires ? Toutes ces dépenses doivent-elles passer avant le financement des revendications mises en avant par les Gilets Jaunes , soutenues par 80% de la population, pour manger à leur faim, boucler leurs fins de mois, avoir une vie digne, maintenant, et pas à la Saint-Glinglin ?

Vous n’en dites rien et vous ne pouvez rien en dire , rien garantir, parce qu’aussi longtemps que la France reste prisonnière d’une structure, d’une entité supra-nationale -que ce soit l’actuelle UE, ou une UE rétrécie, ou une UE à plusieurs étages et à plusieurs vitesses, le peuple français sera dépossédé de son droit légitime, historique, durement acquis, à décider lui-même de son destin.

— »Tout cela , dites-vous, sera très compliqué" !

Ce n’est pas suffisant pour inciter notre peuple à s’engager dans la voie périlleuse que vous proposez, une voie tout aussi périlleuse -et finalement fort peu différente de l’actuel enfermement de la France dans le piège diabolique de l’euro et de l’Otan.

Il faut être pragmatique.

L’UE fonctionne très bien pour défendre les intérêts de l’oligarchie, pour accroître les dividendes des actionnaires, pour redéployer l’appareil de production et la main d’oeuvre à travers tout le continent européen de façon à accroître ses profits, pour liquider les nations et les protections sociales et autres qu’elles garantissent à leurs populations et qui rognent malheureusement les profits beaucoup trop modestes des grandes entreprises capitalistes !

Pour les peuples, pour les salariés, pour les couches populaires, pour la classe ouvrière, pour les petit paysans, pour la défense de notre environnement, l’UE est un cauchemar et une abomination.
Elle n’amène que de la misère, la destruction de notre patrimoine, le démantèlement de notre industrie, la mise en coupe réglée de tous les trésors de notre pays qu’il s’agisse de notre patrimoine économique, culturel, historique, social, de nos libertés.

Pour s’en sortir, le peuple français doit en sortir et ne pas faire semblant.
Le peuple doit reprendre les commandes et balayer la classe politique corrompue qui a confisquée la direction des affaires de l’état pour la mettre aux service des intérêts mafieux que défend et qu’organise l’Union Européenne.

La priorité, c’est la satisfaction des besoins élémentaires du peuple, le respect de ses droits et d’abord du droit à une vie digne, à recevoir un salaire et des revenus décents, à manger à sa faim, à pouvoir se soigner.

La priorité, c’est la redistribution de la richesse produite par le travail de nos concitoyens aujourd’hui confisquée par l’état pour la redistribuer aux milliardaires et aux actionnaires des grandes entreprises. Il faut réduire la part des milliardaires et celle des actionnaires des grandes sociétés capitalistes. Il faut redonner au peuple la part qui lui revient dont il n’aurait jamais dû être dépossédé et spolié.

(A suivre : 4 petits §)


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