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jean-louis Brunati 3 février 2019 16:22

Merci à Jean Maïboroda pour son diagnostic lucide, pour les questions qu’il se pose et nous pose. Je vais donc prolonger son questionnement et y apporter mes débuts de réponse.

1) Il faut sortir des débats improductifs, je m’explique : à lire un certain nombre de commentaires on s’aperçoit qu’il n’est question que des enjeux concernant les prochaines élections, dites « européennes ». Or c’est exactement le schéma dans lequel veut nous faire entrer le pouvoir et les médias dominants ainsi que la scène politique officielle des partis et sur lequel tous ces gens s’accordent , celui du « Grand débat » suivi d’élections. Avec le message suivant (à peine subliminal) : « Taisez-vous et arrêtez d’aller dans les rues, sur les ronds-points ou dans les maisons du peuple puisqu’on vous permet, nous les grands démocrates, d’aller vous exprimer par le vote et c’est cela, et seulement cela, qui constitue la vraie démocratie... ». Si on est d’accord avec mon analyse, pourquoi perdre son temps à discuter des mérites, des défauts, des stratagèmes etc... de tel ou tel parti ou homme politique, et consacrer son énergie à des débats qui servent à coup sûr la stratégie de ceux qu’on entend combattre. C’est rentrer dans le piège qu’ils nous tendent. Double piège parce qu’à ces raisons s’ajoute le fait suivant : les prochaines élections sont précisément « européennes ». Pourquoi aller voter alors qu’on refuse et on combat ce carcan des peuples qu’est l’Union Européenne sous quelque forme qu’elle prenne : celle de la commission européenne, poste de commande, celle du conseil européen, constitué des zélés fondés de pouvoir de la commission dans chaque état-nation, celle du parlement européen, chambre des béni-oui-oui et des « grandes gueules » autorisées du style Cohn-Bendit, José Bové...etc ? Précision : je ne rejette pas du tout les élections en général ; d’ailleurs se profilent en 2020 les élections municipales, élections beaucoup plus intéressantes car elles concernent tous les français, d’autant plus importantes depuis l’émergence du mouvement des gilets jaunes. En travaillant dans le sens d’ un renouveau politique et démocratique on peut légitimement espérer une issue par le haut de ce qu’a initié ce mouvement. 

 2) Je sais bien que d’ici 2020 il peut se passer beaucoup de choses, coup de poker de Macron, manœuvres inattendues... dissolution de l’assemblée, diversions de toute sorte, etc.etc. Mais spéculer sur des choses qui nous dépassent largement est vain. Se préparer et anticiper certains scénarios ? Oui certes, mais aller plus loin c’est faire des plans sur la comète.

3) La marque « Le Pen » a servi durant 40 ans de faire-valoir aux partis dits « de gouvernement » qui pouvait ainsi se renvoyer la balle et pratiquer l’alternance en faisant du FN le repoussoir qui permettait de gagner sans peine contre l’autre « parti de gouvernement ». Ce jeu à 3 bien huilé a montré de plus en plus ses limites car pendant ces 40 années le mécontentement voire l’exaspération populaire croissait face aux offensives tous azimuts du nouveau capitalisme ultra financiarisé. Arrive la campagne de 2017, les partis traditionnels « de gouvernement » se divisent lors de primaires dévastatrices ( mais pouvait-il en être autrement ?) et s’écroulent en fin de course, pour des raisons différentes d’ailleurs qu’on n’a pas le temps d’analyser ici. Un candidat parti très tôt (juillet 2016) et soutenu au-delà du vraisemblable par le groupe des puissants, c’est le « casse du siècle » qu’évoque Jean Maïboroda, profite du vide laissé pour incarner ce gouvernement du « cercle de la raison » et de la bien-pensance qui n’est comme on le sait que le masque de l’ultra-libéralisme et de ses idiots utiles... Macron arrive ainsi 1er pour le second tour presque par miracle car arriver en tête n’était pas gagné d’avance ; rappelons-nous que fort opportunément pour Macron, le candidat Fillon se vit torpillé dans la dernière ligne droite par les révélations du Canard Enchainé et les suites judiciaires qu’on connait. C’était exactement ce qui convenait au candidat de la finance et de la « révolution des start-up » pour rejouer le scénario du repoussoir décrit précédemment. Décidément tout souriait à ce candidat présenté abusivement comme nouveau et on comprend la joie du camp macronien à la fin du 1er tour : l’essentiel était déjà fait. Seulement on oubliait une chose : la colère du peuple était toujours là, souterraine et n’attendait plus que l’étincelle... ce fut la marée jaune des (affreux) « jojos » !

4) On va me dire que j’oublie Mélenchon et la F.I. mais ce point demande de plus longs développements dans la mesure où le mouvement de la France Insoumise s’il mérite par certains cotés les critiques adressées aux partis « électoralistes », comporte aussi des aspects intéressants et des composantes qui ont peut-être un avenir si elles savent s’unir à d’autres en sortant des vieilles lunes d’union des gauches, et notamment rompre clairement avec certains canons idéologiques, qu’ils relèvent de l’antifascisme de façade, du communautarisme naïf, ou de la religion européiste de l’« Europe sociale », slogan usé qui sert à certains de « pensée » sur la question.


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