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EL Yagoubi 11 février 2019 00:32

Quand le paradigme psychiatrique infecte le regard de la société et ses superstructures sur la « maladie mentale ».


Faudrait-il une démarche artistique pour transformer les accusations psychiatriques en objet d’art ?






« Ainsi, Essia, dont personne ne précise l’origine familiale et culturelle, venait de sortir d’un long séjour à l’hôpital St Anne, haut lieu de la psychiatrie lourde parisienne, réservé à des patients dangereux. Elle a été libérée sans suivi".

Il y a de quoi s’interroger sur le traitement dégradant et inhumain des centaines de milliers de personnes par le système psychiatrique médicamenteux et par le complexe médiatique.

Cette citoyenne est coupable d’avoir franchi le seuil des hôpitaux psychiatriques et d’être catégorisée de dangereuse, de folle, de schizophrène, de non rentable et ne n’importe quoi.

J’ai appris dans des articles en cascades sur ce drame que Mme Essia a été privée de son enfant, placé dans une famille d’ « accueil », et désespérée dans ses démarches pour le voir. Une maman vivait seule, isolée et peut-être rejetée par le système du voisinage habitué à condamner des personnes en souffrances psychiques. Je me permet ici de pointer mes critiques fondamentales sur le système d’accompagnement des personnes victimes à la fois des formes de maltraitance psychiatrique et de négligences sociales surtout si elles sont placées sous le régime de tutelle et curatelle dans le cadre de « la protection juridique des meneurs », qualifiées dans un langage absurde de « incapables ».

Où sont-elles ces soi-disant associations qui sont engraissées et gavées des subventions pour porter un peux de chaleur humaine et atténuer un peu ses souffrances ?

Pourquoi le silence violent est maintenu sur des interactions fortes et dévastatrices des médicaments psychiatriques avec le système cognitif ?

Il y a de quoi s’interroger encore plus sur les récits de la presse et des voisins pris pour des réalités dans l’accusation de cette citoyenne, dépourvue de tout espoir pour se retrouver avec elle-même dans son identité personnelle et sociale au sein d’une société frappée par l’individualisme et l’entre-soi. Une véritable maladie d’une civilisation qui se décivilise chaque jour. https://www.humanite.fr/edgar-morin-une-civilisation-veut-naitre-aujourdhui-il-sagit-de-changer-de-voie-604835

Il suffit d’un signalement d’une ou deux ou trois personnes frustrées pour enclencher des procédures complexes pour interner une victime dans un centre psychiatrique sans se soucier d’une forme d’authenticité si minime qu’elle soit des pratiques du voisinage.


Si je m’insurge contre des récits belliqueux tenus pour des vérités par des acteurs du pire c’est parce que je suis témoin direct de ces pratiques criminelles qui par leurs effets dévastateurs ont été déterminantes dans le processus de la destruction psychologique et physique de ma compagne à Aix-en-Provence après une hospitalisation d’office concoctée par le voisinage, sortie avec des « soins » imposés jusqu’à sa destruction totale à l’âge de 43 ans. Et pourtant, tous les services concernés ont été alertés à l’aide des rapports détaillés dans lesquels j’ai démonté les mécanismes de la production des mensonges des voisins pris pour des vérités et j’ai même demandé d’être auditionné. Aucune réaction et aucune pitié. Le lien ici : https://mars-infos.org/aix-en-provence-chronologie-d-une-445


Le système du soi-disant santé mentale est une véritable arnaque des processus dans lequel des acteurs criminels agissent aux visage découverts. Ils excellent dans la spéculation et le marchandage sur les processus.

Si cette citoyenne fait l’objet d’un traitement inhumain dans les médias pour être psychiatrisée plusieurs fois, il est tout à fait légitime de se poser des questions sur ce que veut dire soigner dans le système psychiatrique. D’autant plus, il serait aussi plus important de questionner les logiques du suivi et de l’accompagnement. Malheureusement, ce sont des questions qu’on évite parce quelles dérangent le système.


Je reste solidaire de toutes les victimes des horreurs psychiatriques légales. Leurs souffrances et leurs désespoirs sont symptomatiques d’une société qui par ses pesanteurs institutionnelles, sociales et culturelles a choisi la voie de la déshumanisation et de la criminalisation des personnes vulnérables en les accusant de (psychiatrisés, troubles mentaux, dangereux, fous, de bipolaires, multipolaires, barjots, déni, altérés, délires mystiques, entendeur de voix et de n’importe quoi). Cependant, il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste ou intelligent pour comprendre que la psychiatrie avec son arsenal médicamenteux soutenue par les acteurs de la santé mentale, acteurs de la faune des faussaires n’est qu’un instrument bien entretenu dans un système capitaliste et financier pour servir l’industrie de la « folie » et non pour soigner. Faudrait-il une démarche artistique pour transformer les accusations psychiatriques en objet d’art ?


La psychiatrie ne soigne pas. La psychiatrie tue.


L’urgence s’impose pour Dé-psychiatriser : http://depsychiatriser.blogspot.com/




Non à la psychiatrisation du fonctionnement cognitif !


Non à des hospitalisations psychiatriques forcées et aux soins imposés en conformité avec les principes des droits de l’homme et la CDPH-ONU ! http://www.un.org/disabilities/documents/convention/convoptprot-f.pdf

Non à la criminalisation et l’accusation des personnes en situation de souffrances psychiques !

Les souffrances des personnes psychiatrisées concernent la société entière. Personne n’est à l’abri des causes matérielles et sociales dont on refuse d’en parler et qui mènent inexorablement à la perte du contrôle de soi quand les ressources psychologiques sont épuisées et l’ignorance volontaire devient une arme des dominants.

Condoléances aux personnes victimes et pitié pour Essia victime plusieurs fois.


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