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assouline 9 février 14:29

Il est habituellement reproché à L’union européenne de brimer les destins nationaux. De passer outre les intérêts des nations européennes en les agglomérants pour en faire des intérêts globaux européens.

Pour une fois, et quelle surprise, l’Union refuse de construire un géant européen. Un géant à même de rivaliser avec ses concurrents américains et chinois. Une figure de proue de la puissance européenne.

L’Europe préfère à cet avantage comparatif sur le reste du monde le maintien d’un niveau de concurrence intra-européen.

Un choix qui devrait ravir les partisans d’une prééminence des volontés nationales sur celle de Bruxelles. Volontés nationales auxquelles on prëte par atavisme l’instinct de conservation des fleurons nationaux comme des us et coûtumes, tout ce qui participe, pense-t-on, de près ou de loin à l’identité et à la souveraineté des peuples.

On aurait donc pu s’attendre à des hourras de victoire chez les infatigables contempteurs de l’ogre fédéral européen.

Que nenni !

Et, cette fois, l’Europe est accusée de ne pas fédérer comme elle le fait habituellemnt trop ! Pire, de s’interposer dans les élans fédérateurs et fusionnels des nations souveraines ! L’union des forces économiques allemandes et françaises serait une bonne chose... tant qu’elle n’est pas un choix de Bruxelles.

On observe alors, chez les anti-fédéralistes, le retour d’un argumentaire emprunté pour l’occasion aux fédéralistes européens de tout poil : L’idée d’une union qui fait la force. Un attrait indéfectiblement nié par ses ennemis à une Union européenne, coupable toujours de fondre les richesses nationales en un monolithe d’ignominie. Aussi nous promet-on l’invasion chinoise si la fusion des forces allemandes et françaises ne se fait pas au profit de leurs intérêts communs... Car, une fois n’est pas coutûme, les deux grandes nations européennes auraient des intérêts communs. Des intérêts communs que n’auraient évidemment pas les nations européennes entre elles...

La force d’une union de la France et de l’Allemagne contre la menace chinoise s’imposerait donc aux esprits qui se refusent à l’idée d’une puissance fusionnelle européenne contre les défis du reste du monde !

« Il s’agit de la volonté de Paris et Berlin ! » nous dira-t-on, « non de celle de Bruxelles ! ». Ce qui changerait tout. Et ce qui laisse songeur, insinuant que la construction européenne serait chose plus aisée s’il elle était conduite par les seuls Berlin et Paris... Réminiscence, peut-être, de la sourde conviction qui avait prévalu à sa fondation, celle que « l’Europe, c’est la France en plus grand ». On pensait alors la même chose outre-Rhin au profit de l’Allemagne, pan-germanisme oblige...

Et d’ailleurs, l’Union de Bruxelles ne serait-elle pas elle-même la créature sexagénaire d ’une coopération franco-allemande ?

Ne prenne pas à la Commission de s’y opposer !


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