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Ecométa Ecométa 10 avril 2019 13:51

Rien de mieux qu’un Allemand pour évoquer l’Allemagne ; et c’était en 2012, soit 7 ans après les débuts de l’Euro. et 7 années avant ce jour. 

Entretien avec Helmut Schmidt le 01/04/2012 (Alternatives économiques)

L’Allemagne dans l’Europe

En contemplant l’Allemagne de l’extérieur, à travers les yeux de nos voisins proches et moins proches, on découvre un pays qui est devenu, depuis une décennie (instauration de l’Euro en 2002), la source d’inquiétudes croissantes - plus récemment sur le plan politique également. Durant ces dernières années, des doutes sérieux concernant la continuité de la politique allemande se sont fait jour. La confiance en la fiabilité de la politique allemande est menacée.
Ces doutes et ces inquiétudes reposent en partie sur des fautes de politique extérieure commises par nos hommes politiques et notre gouvernement. Ils reposent aussi sur la force économique étonnante que dégage la République fédérale depuis la réunification. Notre économie est - depuis les années 1970, alors qu’elle était divisée en deux - devenue la plus importante d’Europe. Elle est technologiquement, socialement et financièrement une des économies mondiales les plus performantes. Notre force économique et notre paix sociale relativement stable ont déclenché des jalousies - même si notre taux de chômage et notre taux d’endettement restent dans les clous de la norme internationale.
En effet, nous ne sommes pas suffisamment conscients que notre économie est très largement intégrée dans le marché commun européen, et simultanément très largement globalisée, et donc fortement dépendante de la conjoncture mondiale. C’est la raison pour laquelle nous allons, dans l’année qui vient, connaître une croissance médiocre des exportations allemandes.
Dans le même temps, un grave défaut de notre développement a été mis au jour : des excédents massifs de notre balance commerciale et de notre balance des paiements. Ces excédents constituent depuis des années environ 5 % de notre produit intérieur brut. Ils sont d’une taille sensiblement comparable à ceux de la Chine. Nous n’en sommes pas conscients, car ils ne se répercutent plus en deutschemarks mais en euros. Il est pourtant nécessaire que notre personnel politique soit conscient de ce problème. Car tous nos excédents ne sont en réalité que les déficits des autres États. Les créances que nous possédons sont leurs dettes.

Ce développement économique et la crise institutionnelle vécue par l’Union européenne ont forcé l’Allemagne à jouer un rôle central. Conjointement avec le président de la République française, la chancelière a volontiers accepté ce rôle. Mais il existe dans beaucoup de capitales européennes et dans les médias de nos voisins européens une angoisse croissante face à la domination allemande. Cette fois, il ne s’agit pas d’une écrasante puissance militaire ou politique, mais d’un centre économiquement hypertrophié.

A ce stade, il est nécessaire de mettre en garde, avec fermeté mais sans exagération, les hommes politiques allemands, les médias et l’opinion publique. Si nous, Allemands, nous laissons emporter par notre force économique et revendiquons le rôle politique central en Europe, ou pour le moins de jouer le primus inter pares, alors une majorité grandissante de nos voisins va se dresser contre nous. L’angoisse de la périphérie face à un centre surpuissant reviendrait au galop. Les conséquences probables d’une telle évolution pour l’Union européenne seraient terribles. Et l’Allemagne se retrouverait isolée.

Un altruisme indispensable

La grande et très productive République fédérale d’Allemagne a besoin - éventuellement pour se protéger d’elle-même - de l’intégration européenne. C’est pour cela que depuis Helmut Kohl, en 1992, l’article 23 de la loi fondamentale nous oblige à concourir « au développement de l’Union européenne ». L’article 23 nous impose, dans le cadre de cette participation, de respecter le principe de subsidiarité. La crise actuelle des institutions de l’Union ne modifie en rien ces principes.

Au vu de notre position géopolitique centrale, de notre rôle malheureux dans l’histoire européenne jusqu’au milieu du XXe siècle et de notre performance économique actuelle, le gouvernement allemand doit porter la plus grande attention aux intérêts de nos partenaires européens. Cet altruisme est indispensable.

Où en sommes-nous de cet altruisme allemand réclamé par Helmut Schmidt ? Il n’a guère été tenu compte de cet avertissement

Quid de l’attention apportée à la Grèce ? A l’Italie et aux autres ?

Qui rit aujourd’hui pleurera demain… en cas de crise importante l’Allemagne souffrira, et d‘elle-même, bien plus que les autres !


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