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En réponse à :


Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 15 juin 19:42

@berry

Bonjour. Ce monsieur est effectivement docteur en histoire et a exercé à l’université avant d’en démissionner en 1988 officiellement parce que ses idées sur la Révolution ne plaisaient pas. Enfin, c’est ce qu’il dit lui-même, sa démission aurait été contrainte. Mais aucune source ne permet de l’attester. Des types comme François Furet et Jean de Viguerie, furieusement contre-révolutionnaires, ont été libres d’exercer durant des décennies et grassement payés en tant que professeurs d’université (plus de 6000€ par mois). Gollnisch, numéro 2 du FN pendant des années, était lui aussi prof à la fac de Lyon. L’integriste Salamito enseigne lui aussi à la Sorbonne où il est titulaire d’une chaire. Thierry Lentz, fanatique de Bonaparte et hostile à l’islam est aussi prof de fac, comme le catho tradi Henri d’Entramont qui a enseigné à l’ESSEC où officie également le frère de Philippot. Bref, être d’extrême-droite n’est absolument pas un problème dans l’université française, bien au contraire c’est un plus car il y a tout un lobby catho-facho à l’oeuvre dans le monde universitaire.-

En bon catho de droite, Sécher se fait passer pour une victime du Système mais on a toutes les raisons de penser qu’il affabule. Premièrement, aucune source ou témoignage n’atteste de pressions qu’il aurait subies. Si tel avait été le cas, il aurait été défendu par son ami Furet, or, même ce dernier a assuré qu’il n’avait eu vent d’aucune pression contre Sécher et que celui-ci ne lui en avait jamais fait part. D’autre part, on peut s’étonner que l’ire de la gauche se soit abattue sur lui seul et que les autres universitaires dextrogyres aient été épargnés, surtout que ses thèses n’étaient pas aussi subversives qu’il le prétend. En outre, il prétend avoir postulé à 20 postes et avoir toujours été recalé, or, surprise, aucune archive ne confirme qu’il ait formulé quelque demande que ce soit, alors que les demandes des universitaires postulants sont toujours archivées (même en cas de refus) par le CNU. Enfin, il ne cesse de pleurnicher auprès du CSA et se fait continuellement passer pour victime d’une censure alors même qu’un prix littéraire vient de lui être décerné pour son opuscule dextrogyre par... Christophe Barbier en personne, et qu’il est continuellement interviewé par des sites comme Boulevard Voltaire, Atlantico ou le Figaro.

La vérité, c’est que M. Sécher affabule. Il n’a jamais été contraint à démissionner pour ses idées. S’il s’est cassé de la fac, c’est juste qu’il a flairé un meilleur filon. En effet, un maitre de conférences nouvellement nommé ne gagne « que » 2700 euros bruts par mois. M. Sécher, après avoir quitté l’université, a d’abord été directeur de com auprès de plusieurs députés avant d’être nommé haut-fonctionnaire auprès de la région Poitou-Charentes puis d’enseigner dans de prestigieuses écoles privées à l’étranger et d’animer des émissions « culturelles » à la radio. Pour chacun de ces postes, son salaire était au moins deux fois supérieur à ce qu’il aurait gagné en restant comme simple prof de fac. Et comme en France les gens complexent quand il s’agit d’argent et qu’il est de mauvais ton de dire qu’on a changé de poste juste pour un meilleur salaire (le métier de prof étant considéré comme une vocation quasi-religieuse où les basses questions pécuniaires ne sauraient être prises en compte), l’ami Reynald s’est inventé un passé de martyr discriminé pour ses idées. Il n’est pas le seul dans ce cas. Le juriste publiciste Frédéric Rouvillois dit lui aussi avoir quitté l’université car il n’en supportait plus le prétendu « freudo-marxisme »... Sauf que ce dernier enseignait à Assas (comme fac de gauche, on a vu mieux...) et surtout il est parti non pour des raisons idéologiques mais parce le prince Albert lui a proposé de devenir juge à la Cour Suprême de Monaco où il a siégé pendant huit ans avec un salaire mensuel de 20 000 euros et une maison de fonction avec voiture... pas fou l’ami Freddy, il a forcément accepté : entre enseigner le droit public à des gudards alcooliques et se dorer la pilule sur le Rocher, le choix était vite fait. Et encore, j’évoque ici les cas que je connais personnellement mais qui sait combien d’autres censurés imaginaires déversent leur propagande droitarde et se font passer pour les victimes d’un Système dont ils sont les premiers à profiter.

En comparaison, il n’y a que très peu d’universitaires indigenistes ou même simplement issus de la banlieue. Des profs musulmans ont été virés parce qu’ils n’avaient pas serré la main à une inspectrice ou parce qu’ils avaient été vus par des parents à une manif pour la Palestine, quand ce n’est pas pour une barbe ou (pour les femmes) une robe jugées « trop longue ». Et les rares universitaires banlieusards exerçant à l’université sont à la merci de leur hiérarchie qui les virera sans merci s’ils sont jugés trop contrevenants à l’ordre établi, à l’instar du brillant scientifique Adlene Hicheur qui a vu sa carrière ruinée et qui s’est retrouvé en prison pour une anodine conversation privée. Et comment ne pas évoquer le professeur Boudarel (certes pas un banlieusard mais néanmoins un brave enseignant à la carrière brisée par la droite) dont le nom a été à jamais sali par la propagande dextrogyre. Ce brave fils d’ouvrier, devenu universitaire grâce à son seul talent, fut faussement accusé d’avoir torturé des soldats français en Indochine. Or, s’il est vrai qu’il était du côté des combattants vietnamiens, il n’a fait que faire des lectures marxistes aux prisonniers français et leur prodiguer des cours de russe, car il voulait donner la chance à ces cathos de bonne famille de voir d’autres réalités politiques et leur faire comprendre que la France n’avait pas sa place en Indochine. Sa récompense aura été d’être catalogué parmi les pires criminels contre l’humanité. Ce qu’on ignore volontairement, c’est que certains soldats et officiers cathos sont devenus communistes grâce à lui et certains sont même partis vivre en URSS.

Bref, s’il y a dans l’université française des pressions idéologiques, elles ne viennent sûrement pas de la gauche ou de l’islam mais de la droite. J’espère qu’un jour un gouvernement courageux passera au tamis ce microcosme universitaire pour en extraire définitivement la mauvaise graine nationaliste et rendre à l’université son rôle premier : former les jeunes aux métiers qu’ils exerceront durant leur vie active.


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