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Monolecte Monolecte 1er décembre 12:03

@doctorix
Bien sûr que vous jugez, sans prendre en compte le processus de déconstruction qui a suivi et particulièrement avec notre fille. Il y a eu un travail familial sur la norme de la violence autour de nous et donc avec, aussi, ses camarades de classe. Bien sûr que les violences structurent les circuits cognitifs, nous sommes bien placés pour le savoir, mais le cerveau est plastique, bien heureusement, ce qui nous donne la possibilité de réparer.

Ce qui est certain, c’est que mon expérience m’avait appris, comme vous, à rejeter la violence, mais qu’on n’élève rarement un enfant totalement seule : dans mon cas, c’est avec un conjoint qui a été maltraité à un niveau bien plus profond que moi, car il n’a longtemps pas eu conscience que parfois, dans une ambiance bien feutrée et bourgeoise, on peut détruire bien plus profondément, en sapant systématiquement toute estime de soi. D’ailleurs, pour la reconstruction, là, on est sur des travaux très difficiles et toujours en cours.
L’histoire de notre fille s’est inscrite aussi dans un contexte social, celui d’une communauté paysanne intrusive et normative, qui croit bien plus au dressage qu’à l’éducation.

Donc, je n’expose pas « mes états d’âme » mais mets en lumière la manière dont on peut devenir maltraitant en toute bonne conscience et ignorance, parfois même sans jamais élever la voix ou la main. Et surtout, je m’élève contre le fatalisme qui finalement dit toujours que c’est trop tard pour réparer.

Depuis cet épisode, tout a changé, et est en évolution constante. Il y a beaucoup plus de discussions, de co-décisions. Notre fille vit très bien son adolescence, elle est globalement aussi bien dans sa peau qu’on peut l’être à son âge et entretient une relation de bonne qualité avec nous tout en développant une belle indépendance d’esprit. Elle a surtout une réflexion très avancée sur les concepts de domination, de consentement et de respect.

Cyrulnik a beaucoup travaillé sur la plasticité psychique (même si je préfère ses travaux d’avant le concept de résilience) et sa pensée combat cette terrible résignation qui permet de s’exonérer de toute démarche de remise en question, de changement, au profit d’une auto-flagellation contreproductive et empreinte de passivité.

Non, il n’est jamais trop tard pour changer, réparer et agir. Et oui, il vaut mieux le faire en envoyant se faire voir ailleurs les chantres du moralisme et de la résignation.


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