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Étirév 30 novembre 15:17

De la sensibilité à la motricité ou principe du bien et principe du mal
Toute action raisonnée à pour point de départ un phénomène de sensibilité. On peut dire que la sensibilité est la faculté de recevoir des impressions par l’influence des objets extérieurs, et d’en avoir conscience. De ces impressions naît la réflexion.
Plus l’être reçoit d’impressions et plus vite il en a conscience, plus il réfléchit, plus il compare, plus il se souvient, en un mot plus il pense. Donc le développement de la sensibilité engendre l’activité de l’esprit et, comme conséquence, la réflexion et la logique. « Des sensations dérivent immédiatement la perception, la mémoire, l’imagination et, par cela même, le jugement ». (Bichat)
On peut mesurer la valeur des hommes et déterminer la place qu’ils doivent occuper dans la société par le degré de tension du courant qui parcourt leurs nerfs sensitifs.
Mais il ne faut pas oublier que le degré de sensibilité que possède un individu est en raison inverse de son degré de motricité. Il en résulte que les individus sensitifs joignent à leurs qualités naturelles des qualités négatives engendrées par le défaut de force musculaire. A côté du calme, de la patience, de la persévérance, ils ont le manque d’action et, surtout, la timidité qui naît de l’aversion pour tout ce qui est lutte, combat, violence.
Il en résulte que les hommes les meilleurs sont en même temps les plus modestes et presque toujours les plus ignorés, puisque, à moins de circonstances exceptionnelles, pour se faire connaître il faut l’action, l’audace qu’ils ne possèdent pas.
En même temps les plus moteurs, c’est-à-dire les plus remuants occupent les premières places, alors qu’ils devraient occuper les dernières puisque leurs facultés intellectuelles sont moindres, leur réflexion plus lente et qu’ils possèdent, en échange, des facultés motrices qui les rapprochent des animaux et dont l’excès est un danger pour la société. Tout ce qu’on est convenu d’appeler qualités morales est le résultat des facultés sensitives, l’amour du bien, du beau, du vrai, la charité, la pitié, la fraternité, le raisonnement.
Dans le domaine des faits c’est la justice et le droit.
La prédominance du système moteur engendre des facultés toute contraires. C’est, d’abord, l’action, l’audace que donne la conscience de la force musculaire. On ne craint rien d’un ennemi que l’on peut terrasser ; la brutalité, la cruauté, la violence, la tyrannie, l’injustice, la mobilité, le défaut de persévérance, l’égoïsme, l’orgueil, et enfin un sentiment de vengeance qui naît de ce que lorsqu’un individu a reçu une impression qui le blesse, mais dont il n’a pas pleine conscience, une impression qu’il ne peut pas apprécier à sa juste valeur parce qu’il lui manque pour délibérer des facultés sensitives qu’il n’a pas, il donne à cette impression une valeur exagérée et veut en tirer une vengeance exagérée. La jalousie naît de cette impression. C’est encore la domination, l’ambition, l’autorité arbitraire. En un mot c’est la force.
C’est sous son impulsion que les hommes accomplissent tous les actes irréfléchis, dictés par ce qu’on appelle le premier mouvement, plus prompt que le mouvement sensitif qui vient après et amène la réflexion et le repentir.
C’est ainsi que chaque fois que les nerfs moteurs veulent agir sans en avoir reçu mission, dans les centres sensitifs, ils exécutent des mouvements incohérents, irrationnels, ne répondant pas à une pensée et n’allant pas vers un but.
Pour nous résumer, nous dirons que la motricité engendre l’égoïsme ou l’amour de soi, effet que nous expliquons par une cause physique. Le fluide négatif étant pauvre chimiquement puisqu’il possède une faible densité, celui qui ne possède surtout que celui-là garde pour lui tout ce qu’il a et attire à lui tout ce qu’il peut. Tandis que la sensibilité engendre l’altruisme, ou l’amour d’autrui. Ce qui s’explique de la même façon. L’individu altruiste ou sensitif est un riche qui donne aux pauvres.
On peut encore exprimer cette idée d’une autre manière. On peut dire que le système sensitif est exogène, il cherche à se répandre au dehors ; le système moteur est endogène, il tend à se concentrer vers l’intérieur, vers le moi. Cette façon de s’exprimer a l’avantage d’être en rapport avec les faits anatomiques.
L’altruisme engendre la liberté.
L’égoïsme engendre l’esclavage.
Toutes les mœurs des peuples dépendent de la mise en pratique d’un de ces deux amours.
L’altruisme commence à la politesse et finit au martyr.
L’égoïsme commence à la grossièreté et finit à l’assassinat.
La jalousie est une des manifestations de l’égoïsme, l’altruisme ne la connaît pas.
Le système moteur qui engendre la force, et le système sensitif qui engendre le droit, sont les deux principes qui sont en lutte dans les sociétés et que les mythologies ont appelés le principe du bien et le principe du mal.


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