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Alain Alain Alain Alain 31 décembre 2019 21:10

A l’auteur.

En Provence, j’ai longtemps vécu en HLM avec des voisins maghrébins ordinaires musulmans ou pas. Je les ai toujours connus paisibles et ne demandant pas grand chose : juste ne pas être source de malaise. Juste qu’on ne se focalise pas sur des apparences. Ne pas être considérés comme différents des autres.
On a milité ensemble dans nos associations de locataires. On a mangé beaucoup de leurs pâtisseries au moment de l’Aïd.
Jusqu’en 1990 date à laquelle j’ai quitté le quartier, les seules femmes portant le voile étaient quelques grands mères venues du pays rendre visite à leur famille.
On ne savait pas s’ils étaient musulmans ou pas et ça ne nous intéressait pas.
L’Islam politique, ils n’en avaient jamais entendu parler. Aussi, aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qu’ils ne comprennent pas et ils ont peur de cette haine qu’on leur porte.
Aujourd’hui beaucoup portent un voile, des mamans de mon quartier, des anciennes élèves, pour se rassurer l’une l’autre peut-être.
Je les rencontre encore souvent dans les rues. Elles n’ont pas pour autant changé.
Elles sont paisibles et ne demandent pas grand chose : juste ne pas être source de malaise. Juste qu’on ne se focalise pas sur ce voile.
Elles ne souhaitent pas être considérées comme différentes des autres mamans, des autres jeunes filles.
Pourtant cela m’attriste : ce voile qu’elles portent fièrement et courageusement mais sans provocation, est perçu comme un signe de soumission de la femme

et de reconnaissance de l’impureté de celle-ci. Il n’y a pas d’autre explication possible pour un nom musulman.
Je sais que vous avez écrit ce long, trop long article pour nous convaincre qu’il y a méprise. Mais comment interpréter autrement cette nécessité de dissimuler le corps des femmes surtout que je sui père de deux filles.
Je ne leur en parle pas de crainte de les blesser. Je préfère d’un sourire, de quelques paroles anodines, leur signifier qu’elles sont bien comme les autres. Mais je voudrais qu’elles comprennent que c’est ce voile qui les désigne comme différentes.
Je suis « pied-noir », né à Arzew, prés d’Oran comme mon ancien voisin du 2°, monsieur Ahmed. Et comme on dit en France, on est pays.


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