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Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 10:32

Le « prolétariat » (sic) peut-il lutter contre la « destruction créatrice » ?

Dans son livre « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » (1942), l’économiste autrichien Schumpeter considérait que l’innovation était la force motrice de la croissance économique sur le long terme, et il appelait « destruction créatrice » un phénomène chronique, observable dans l’histoire, consistant selon lui en un transfert de position dominante des entreprises traditionnelles vers les entreprises les plus innovantes. L’innovation serait «  systémique  » et redéfinirait les dynamiques économiques en permanence : « Le système capitaliste n’est jamais stationnaire, et il ne pourra jamais le devenir ».

L’innovation donnerait donc à l’entreprise qui la porte un monopole temporaire lui permettant de reconfigurer le marché : transfert de la valeur, destruction d’emplois et création de nouveaux métiers. Par exemple, en lançant son smartphone, Apple a détruit une grosse partie de la valeur financière et économique de Nokia, mais est à l’origine du développement d’applications mobiles qui pèse lourd économiquement.

Il s’agit d’un phénomène intrinsèque du système économique capitaliste caractérisé par sa nature cyclique et alterne entre les phases d’expansion et de récession, à l’image des « révolutions industrielles », et selon des cycles de plus en plus courts. Ce serait à la fois l’explication et la cause de la restructuration de l’économie de marché reposant sur l’offre et la demande et se régulant pas soubresauts. C’est un phénomène contre lequel il est quasiment impossible de lutter, en témoignent les nombreuses innovations de rupture qui ont stimulé la consommation :

Quand il y a innovation, il n’y a pas qu’une destruction d’emplois ou de valeur (comme avec le basculement de l’analogique vers le numérique), mais une reconfiguration de la structure production-distribution tout en optimisant les taux de profit qui concerne de nombreux domaines :

Au sujet de l’innovation, il est important de préciser que celle-ci peut se présenter sous différentes formes :

  • le produit (passage à l’ère du numérique)
  • le procédé (division du travail et robotisation)
  • commercialisation (e-commerce)
  • les sources d’approvisionnement (énergies renouvelables, terres rares)
  • les structures des entreprises passant de l’intégration à la sous-traitance (Uber, AirBnB).
  • Les circuits de distribution passant du petit commerce à la grande distribution puis aux plateformes numériques

Or, la destruction créatrice ne concerne pas que l’économie réelle, elle englobe le monde de la finance qui a besoin, pour se régénérer de cycles justifiant la mise en place de prêts privés pour relancer la production anéantie par les guerres comme l’a été le plan Marshall. Les stratèges de l’axe City/Wall-Street/BCE ont trouvé une alternative à la guerre militaire pour détruire une partie de l’économie afin de relancer la machine : la guerre sanitaire sous forme de confinement.

Pour l’instant, en France en tous cas, la réaction du « prolétariat » semble davantage consister à exiger des garanties de protection sanitaires pour reprendre le travail qu’à démystifier cette vaste opération de destruction qui ne sera pas « créatrice » pour tout le monde, mais le sera certainement pour la « big pharma », le monde du « numérique » et du « connecté », et certains groupes financiers (qui n’auront aucun scrupule à anéantir leurs confrères-concurrents).


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