• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


oncle archibald 18 janvier 10:47

« le jour où c’est le PLU qui est sur la table, on voit ce qu’il en est des intérêts privés et du goût pour le bien commun » ...

En effet ! Le nez penché sur les plans cadastraux sur lesquels s’élabore le projet de modification du PLU un vieux Monsieur, conseiller municipal depuis trente ans, questionne les autres élus ... Mais où elle est la vigne d’Emile ? Lorsqu’il l’a enfin trouvée et qu’il constate qu’elle restera dans une zone « naturelle à usage agricole » il interpelle le chargé d’études : c’est pas possible parce qu’Emile il a dit qu’il donnerait cette vigne à son fils Charles qui fait le CRS à Paris pour qu’il y construise sa maison quand il prendra la retraite !

Alors le chargé d’études pour la dixième fois explique que « la vigne d’Emile » se trouve à plus de deux kilomètres de la dernière maison habitée, qu’il faudrait si on voulait y construire y amener l’eau et l’électricité, goudronner le chemin, etc etc .. et aussi que ça ferait un peu désordre de créer une zone constructible juste pour une parcelle et donc qu’il faudrait aussi rendre constructible toute la zone entre le village et « la vigne d’Emile » ce qui permettrait de construire soixante maisons, complètement hors d’échelle et qui en outre impliquerait de changer la station d’épuration dont la capacité de traitement est presque à saturation .... etc etc ...

Mais il s’en fout complètement le vieux conseiller municipal puisqu’il a promis à Emile qu’à la prochaine révision du PLU on mettrait « la vigne d’Emile » dans une zone constructible.

Et là c’est vraiment moindre mal. Ça devient un peu plus délicat lorsqu’il s’agit de « faire un beau cadeau » à un ami voire à un membre du conseil municipal en rendant constructible toute une zone dont il est propriétaire et qu’il pourra lotir pour être revendue en « terrain à bâtir », multipliant son prix initial par cinquante !

Estimer les besoins d’un village, tenir compte des équipements existants, des pentes des terrains, de l’ensoleillement, des voiries de desserte, tout ces arguments sont écoutés et approuvés tant que le stylo n’est pas levé au dessus de la carte pour les appliquer concrètement. Il n’y a plus aucune logique qui tienne quand il s’agit de tracer le trait fatidique qui va faire qu’à droite du trait le terrain vaudra deux euros par m2 et à gauche cent euros le m2.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès