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Christophe Claudel Christophe Claudel 24 janvier 17:44

@Mélusine ou la Robe de Saphir.

En d’autres temps j’aurais bondi en lisant votre commentaire, qui témoigne d’une effroyable confusion entretenue par certains courants ultraconservateurs à propos du mouvement LGBT, de l’homosexualité et des GPA. Lesquels sont loin de constituer un seul et même sujet résumable à des formules aussi caricaturales et lapidaires

Pour être clair j’ai consacré 30 ans de ma vie à ces sujets, en tant que chercheur, écrivain, dirigeant d’associations engagé auprès des personnes touchés par le VIH et des personnes LGBT, dans des groupes de réflexion sur le projet de loi sur le PACS, ou en milieu juif, catholique ou protestant. J’ai écrit 2 livres et des centaines d’articles sur le sujet, notamment une thèse interdisciplinaire sur les liens entre identité, « homosexualité » et spiritualité. Egalement sur les unions de même sexe, l’homoparentalité, la bioéthique, l’articulation entre doctrine de l’Eglise, exégèse biblique, théologie morale et accompagnement des personnes LGBT, ou sur les liens entre foi, pratique religieuse et identité sexuelle, dans un contexte marqué par les affaires de pédophilie et d’abus sexuels dans les églises, de lobby gay au Vatican et de remise en question de la sexualité et du célibat des prêtres.

Il faut vraiment que vous distinguiez la politique, le militantisme LGBT qui vise à défendre les droits des personnes et promouvoir de nouveaux droits au nom de principes républicains d’émancipation et d’égalité, la réalité des personnes qui vivent des relations avec des partenaires de même sexe, fondent des familles, élèvent des enfants, aussi bien accueillis, aimés, éduqués et équilibrés que des enfants qui ont grandi dans des familles « hétérosexuelles » (selon toutes les études consacrées à ce sujet), les évolutions de la science qui ouvrent des possibilités vertigineuses et tendent à déconnecter des notions de sexualité, de procréation, de gestation, de filiation, d’éducation et de parentalité. Evolutions inévitables mais dont il convient d’encadrer clairement les applications, dans l’intérêt des enfants issus de PMA ou de GPA. Et tous les discours brodés par les uns ou les aures avec plus ou moins de pertinence, de bienveillance ou d’a priori sur ces sujets.

Ces techniques médicales de PMA et GPA ne poseraient pas tant que cela un problème aujourd’hui si le pouvoir ne tendait pas à vouloir légiférer dans l’urgence, par clientélisme ou pire, avec des arrière-pensées idéologiques de type transhumanistes qui dénaturent totalement la conception que nous nous sommes faite de notre espèce et de notre identité depuis l’origine. 

PMA et GPA ne font que faciliter grâce à la technique des pratiques qui existent depuis la nuit des temps (y compris dans la Bible). Comme le fait pour une femme de porter l’enfant d’un autre stérile ou ne pouvant donner naissance à un enfant. Les bouleversements apparents des modèles de parentalité centrés sur la « famille », hérités en fait de la société bourgeoise du 18e siècle, n’ont rien d’horrifiants ni de scandaleux : ils ont existé dans bon nombre de sociétés tribales, archaïques, antiques, médiévales, et en Europe jusqu’à l’époque moderne, où les enfants surtout dans les classes populaires étaient le plus souvent élevés par un groupe de femmes, une tante, la grand-mère, des domestiques, ou une institution religieuse quand ils n’étaient pas désirés, plutôt que par « un Papa, une Maman ».

Quant aux leitmotivs ignorants sur la prétendue « théorie du genre », qui aurait pour but de détruire les repères traditionnels de la société comme la famille, c’est d’une bêtise abyssale ! Cette « théorie » qui fait fantasmer les âmes coincées n’a jamais existé. Il existe dans toutes les grandes université américaines, anglo-saxonnes et même à Paris des départements d’études LGBT (gay & lesbian studies). Parmi lesquelles certaines sont consacrées à la construction du « genre » (distinct du sexe). Ces études remontent aux années 1940 et ont démontré que le genre n’était pas une donnée de nature (essentielle) mais une construction existentielle, sociale et culturelle. On naît mâle ou femelle, plus rarement hermaphrodite. Mais on ne naît pas garçon ou fille  : on le devient, en se référent à des modèles, des discours et des stéréotypes de genre, auxquels on se conforme ou non : apparence physique, habillement, comportements, codes de langage, jeux, goûts, qualités personnelles, attirances réciproques, pratiques sexuelles, activités, rôles sociaux...

Cela peut paraître évident mais certains en font un casus belli, à cause de l’approche « déconstructiviste » de ces analyses. Et « reconstructivisite » concernant notamment les nouvelles identités de genre, revendiquées comme alternative à la vision binaire de la sexualité (mâle/femelle, zizi/chatte, homme/femme, papa/maman...) : trans, androgyne, non-binaire, queer, asexuel...

Je vous conseille donc de vous documenter sur le sujet, au lieu de colporter les idées reçues les plus obscurantistes.

A tout hasard vous pouvez surfer sur mon blog, qui comprend de nombreux articles et références sur ces sujets :

https://sautdelange.wordpress.com/


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