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Argoul Argoul 15 juin 2007 14:57

Lire ou ne pas lire : that is the question. Sollicités que nous sommes par les autres tentations (images, sons, interactions) l’acte de lecture voit son temps réduit. Surtout dans la jeunesse actuelle. Lire un objet-livre ou sur écran : that is another question. Pour ma part, la lecture écran est utilitaire, informationnelle, interactive - elle ne sollicite pourtant pas autant la pensée qu’un objet-livre qu’on emporte, qu’on annote et qu’on prend sans fil quand on veut. Mais n’est-ce pas question d’habitude ? Notre génération, formée à ça, ne pourra pas se passer du livre, mais les suivantes ? Il n’y a pas que les étudiants scientifiques qui revendent leurs livres en fin d’année, les littéraires aussi : vendues les Pensées de Pascal une fois l’examen passé ! Vendues les Fleurs du Mal une fois le mémoire rédigé ! Je n’invente rien, l’enquête était dans la revue « L’Histoire » n°312, septembre 2006, p.71 Les étudiants possèdent de moins en moins de livres, ils boudent les sciences humaines, essais et philo n’ont plus la cote, les sciences passent à la trappe, les romans sont en baisse (6% des élèves de prépas littéraires déclarent ne jamais lire de romans !), seule la BD reste en grâce. En fait, ce n’est pas le support qui est en cause pour la lecture - mais probablement le mimétisme de génération qui fait qu’on « doit » avoir écouté telle musique ou avoir vu tel film ou chatter avec le groupe à telle heure - qui fait que l’acte de lire devient pesant et peu valorisé. Avec pour conséquences une curieuse incapacité à utiliser les mots, à organiser les phrases et à se sortir de l’émotion immédiate de la « réaction » pour prendre de la distance, penser et argumenter avec les autres. Donc un désintérêt pour la lecture qui « prend la tête »... C’est cela qui me paraît faire question plus que papier ou écran. Moi-même, j’écris depuis des années au clavier. Ce n’est pas plus mal ni mieux qu’au stylo-plume (longtemps pratiqué), c’est un autre outil, dont on est aussi « libéré » quand on en a l’habitude que le stylo. Le livre audio est praticable en voiture, seul, pour les trajets ennuyeux (autoroute ou domicile-travail) - même chose pour les podcast radio. Mais l’usage d’un condensé argumenté de pensée qu’est un essai, une oeuvre de recherche universitaire qu’on démontre pas à pas, une imagination qui fait rêver comme les romans classiques, le frisson délicieux issu des mots et des images véhiculées par les mots que sont thrillers et policiers - tout cela peut être amené à disparaître, faute de public qui saisisse cette forme de pensée et préfère le confort guidé des images ou la submersion amniotique des sons. Quand « ça prend la tête », quel que soit le support, c’est mal parti ! Voilà pourquoi « l’irraison ambiante » fait disparaître la faculté de penser et conduit à « l’idiot logique »... Une précision pour le troll : la photo de bibliothèque qui illustre l’article n’est pas une bibliothèque personnelle, mais celle de la bibliothèque publique de Grainville, retraitée pour éviter le plagiat http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://perso.orange.fr/assobethencourt/bibliotheque.jpg&imgrefurl=http://perso.orange.fr/assobethencourt/bibliotheque.html&h=1378&w=1732&sz=335&hl=fr&start=5&tbnid=th4RXVgIj4BzyM :&tbnh=119&tbnw=150&prev=/images%3Fq%3Dbibliotheque%26gbv%3D2%26svnum%3D10%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26channel%3Ds%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26sa%3DG


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