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armand armand 22 octobre 2007 00:29

Bof...

On s’attend à des révélations catastrophiques et on a l’inventaire de toute grosse institution qui contraint de nombreux êtres assez complexes, fréquemment névrotiques (longues études obligent), à travailler ensemble dans un équilibre forcément précaire entre des missions différenciées d’enseignement, de recherche, d’administration.

Le mode de recrutement ? Ce sont généralement ceux qui sont recalés à la qualification qui s’en plaignent. Le CNU n’a absolument pas comme mission clandestine de recaler un maximum de dossiers - je peux en témoigner de l’intérieur. Bien au contraire, et de plus en plus, le CNU aurait tendance à trop qualifier compte tenu du petit nombre de postes, suscitant forcément de grands espoirs suivis de grosses déceptions. Et les critères de qualification, souvent tendancieux et étroits d’il y a quinze ans, se sont élargis pour tenir compte d’un maximum de facteurs (notamment l’enseignement et l’administration).

En quinze ans de temps, depuis que j’ai eu la lubie, me trouvant simple vacataire devant un amphi de 500 étudiants (ça ne m’a pas fait peur), de devenir enseignant-chercheur, j’ai franchi tous les échelons : chargé de TD, ATER, associé, MC, PR depuis trois ans. J’ai rencontré du sadisme psychologique, des oeillères, du mépris parfois, mais jamais la malhonnêteté, le bluff ou l’esbrouffe qui caractérise les autres milieux professionnels où j’ai trainé mes guêtres (militaire, sportif, littéraire, et j’en passe...).

Au niveau local je vous l’accorde, on cherche tout naturellement à placer ses thésards. C’est normal car, appelons les choses par leur nom, le rapport maître- disciple est au coeur de la transmission du savoir, et si blocage il y a, c’est souvent dû aux membres médiocres et peu productifs des commissions (notamment les vieux MC...) qui font obstacle au recrutement des jeunes plus brillants. J’ai imposé le recrutement d’une MC absolument remarquable en menaçant de recourir au CA pour casser le classement préconisé, qui avantageait une candidate très jeune, docile, qui ne ferait pas de vagues.

Mais justement, dans le monde feutré et parfois hypocrite de l’université, il faut savoir parler fort, dire non, se placer en opposition. Les intellectuels sont mal armés pour cela, et je reconnais que mon passé me donne un avantage.

Vous brandissez la sempiternelle légende du ’mépris’ affiché pour les étudiants. Peut-être de la part de certains mandarins parisiens. J’ai l’expérience de trois universités de proximité (Le Mans, Lille, Littoral) et je peux vous dire que les étudiants sont au centre des préoccupations. Et qu’ils peuvent être très procéduriers en cas de défaillance ! Mais il y a aussi un revers de la médaille:livrés à eux-mêmes, les étudiants ont un comportement de consommateurs dans un libre-service:absentéisme, inattention, rares sont ceux qui font les préparations demandées. Et le système de compensation des notes les incite à se contenter des matières où ils ont de bons résultats et ne pas se fatiguer pour les autres. Comme dans toutes les relations professionnelles, lorsqu’il y a implication de l’étudiant, les profs savent lui faire bon accueil et l’encourager. Et quand un prof se passionne pour son cours, à leur tour les étudiants apprécient.

Quant à la réforme actuelle, je vois surtout l’obsession de la concentration des pouvoirs. Sachez que dans les grosses facs américaines (citées en exemple), bien loin de réserver le recrutement à une mini-commission nommée par le CA, ce sont tous les enseignants titulaires du département qui votent. Et le président de la fac doit composer avec plusieurs conseils et non dominer de son pouvoir de veto un CA croupion comme celui qu’on nous prépare. Bizarre...


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