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Rapetout 3 novembre 2007 12:11

Fanfan la Tulipe : « avec la nouvelle donnée l’astrologie est dans les sables mouvants »

Pas d’accord ! L’astrologie ne craint rien car l’astrologie ne s’embarrasse pas de données.

J’ai, par exemple, un bouquin d’un astrologue, Alan Oken, intitulé « As Above, So Below ». Il y tire l’horoscope de Sade, et l’y analyse. Et en effet, ben... oui, évidemment, avec un horoscope pareil, Sade ne pouvait être autre que ce qu’il était. La preuve est faite. Je m’étais amusé à recalculer son horoscope. A part la position du Soleil et de la Lune, tout était faux, archi-faux. Alors vraiment, que Pluton soit une planète ou une théière (clin d’oeil à Bertrand Russell) l’astrologie s’en bat l’oeil (re-clin).

D’autant plus que, quand ça lui chante, elle ne se gêne pas pour faire appel à des machins qui n’existent pas : les « parts ». De quoi bidouiller des dizaines, que dis-je, des centaines de nouvelles configurations.

Je vous les énumère, et allons-y gaiement !

Part de la Fortune.

Part d’Esprit.

Part d’Eros.

Part de Nécessité.

Part de Némésis.

Part du Père.

Part de la Mère.

Part des Frères.... oh et puis zut ! Allez y voir vous-même, c’est là : http://www.astrotheme.fr/bases_parts.php?lang=fr

Ça en fait dix-neuf si j’ai bien compté.

Et ça n’est pas tout !

Il y a l’astrologie uranienne, une invention allemande. En étudiant les horoscopes qui « collaient » mal, Alfred Witte, un savant astrologue allemand, s’est dit que, logiquement, c’est qu’il manquait des planètes à l’appel. Les astronomes ayant mal fait leur boulot, c’était aux astrologues d’intervenir. C’est ainsi qu’Alfred Witte a découvert quatre planètes, qu’il a baptisées Cupidon, Hadès, Zeus et Kronos. Ses disciples en ont découvert huit de plus. Ça nous fait DOUZE planètes, DOUZE ! C’est là, puisque vous ne me croyez pas. Ce système est populaire en Thaïlande, paraît-il.

http://en.wikipedia.org/wiki/Uranian_astrology

Comme vous le voyez, voilà douze planètes supplémentaires qui tournicotent au Diable-Vauvert et au-delà (41 unités astronomiques, c’est pas la porte à côté). Alors quand l’auteur nous assure que « l’intégration des planètes naines générerait en effet pour chaque carte du ciel des dizaines de nouvelles configurations astrales dans lesquelles l’astrologue finirait par se noyer » je me marre doucement : les astrologues thaïlandais s’en accommodent très bien.

Au fait, vous remarquerez qu’ils sont infoutus de calculer la distance orbitale (AU) d’Apollon, Admetos, Vulcanos et Poseidon connaissant leur période (OP). Alors vous pensez, distinguer les planètes naines des planètes géantes, ou les théières des biglotrons à pédaler dans la choucroute ! (Pour les curieux, la formule magique c’est OP = AU^(3/2) )

Douze planètes de rabiot, dix-neuf parts, le Soleil, la Lune, et les huit planètes qui restent hors la Terre, ça nous fait 41 machins qui se baladent dans votre horoscope et donc 820 configurations (et je ne fais pas entrer les « maisons » en ligne de compte !). Alors c’est pas trois ou quatre planètes naines ou pas naines en plus ou en moins qui vont changer grand’chose.

Non, moi ce qui m’interpelle (ben oui, moi aussi j’sais causer moderne) c’est que l’article ne nous parle pas du sexe des quatre éléphants qui portent le monde, juchés sur la carapace de la tortue qui nage dans l’océan universel. C’est vachement important ça, car comment savoir s’ils sont régis par Vénus ou par Mars ? Et le sexe de la tortue, hein ? Passé sous silence, le sexe de la tortue !

Je vais encore me coucher dans l’inquiétude ce soir.


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