• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


ZEN ZEN 29 octobre 2007 16:35

Une singulière storytelling, entre mystère et voyeurisme, où l’auteur est aussi son propre spin doctor :

« A force de rêver sa vie, Nicolas Sarkozy a voulu en faire un roman, moderne et populaire, autrement dit un feuilleton télévisé doublé, si nécessaire, d’un reality show. Il a mis en scène sa propre histoire comme une véritable saga, au centre de laquelle son épouse, son couple et sa famille occupaient une place décisive. »Vous avez aimé Jackie Kennedy, vous adorerez Cécilia Sarkozy", lâchait-il encore le soir de sa victoire, devant ses amis réunis au Fouquet’s.

A l’instar des vedettes du show-biz qui le fascinent et selon les mécanismes d’identification du bon peuple aux « people », la réussite du feuilleton supposait épisodes, rebondissements, drames. Et il y en eut assez depuis des années pour entretenir la curiosité et le suspense, jusqu’à ce divorce au sommet. Assez aussi pour que l’histoire soit bonne et que les médias et l’opinion l’« achètent ». Assez pour que les couvertures de magazines se multiplient et se vendent comme du bon pain. Assez enfin pour que la presse se laisse prendre en otage.

Car le metteur en scène n’entendait pas perdre un instant le contrôle de son scénario. In fine, Cécilia en a décidé autrement. Mais, depuis des mois, des années même, la schizophrénie est totale. Ayant choisi de mettre son histoire d’amour au service de son ambition politique, Nicolas Sarkozy a joué à sa guise de la frontière entre vie privée et vie publique : décidant sans vergogne la transparence quand la photo était bonne, mais refermant la porte sans ménagement dès qu’elle risquait de n’être plus assez flatteuse. Et n’hésitant pas à menacer quiconque ne respecterait pas cette règle du jeu, au motif, soudain commode, qu’il avait droit au respect de son intimité. Il était inévitable que, après en avoir été l’organisateur, il soit aujourd’hui la victime de cette curiosité malsaine.

En l’espace de quelques mois, nous sommes donc passés du mystère au voyeurisme, du monarque républicain au prince du show-biz politique, des convenances hypocrites aux transparences fabriquées, du reflux des grands récits collectifs au miroitement des petites histoires individuelles. Signe des temps, diront les blasés. Mais il n’est pas certain que nous ayons gagné au change. C’est un euphémisme." (Gérard Courtois : Le MOnde du 29/10/07)


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès