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Christophe Christophe 21 novembre 2007 00:02

@Wang Pi,

C’est dans mon propos qu’existait un amalgame douteux mais je vous dois des excuses car, a priori, vous avez une connaissance de surface du syndicalisme.

Les premières structures ouvrières datent de de 1724 environ en France. Ces structures ont donné lieu d’ailleurs à des réactions du pouvoir en place (loi Le Chapelier en 1791, ou même Napoléon qui a fait acté dans le code civil la suprêmatie du maître sur l’ouvrier en 1795). Tout en étant interdit, les organisations de ce type, qui ne portaient pas encore le nom de syndicat, ont vécu dans le secret ou sur surveillance policière permanente. Le syndicalisme a été reconnu en 1884.

Depuis 1895, date à laquelle naquît la CGT, le monde syndical français est une lutte perpétuelle entre le syndicalisme réformiste et le syndicalisme que nous nommerons révolutionnaire. La CGT qui était réformiste a connu trois scissions (1921 CGTU - révolutionnaire, 1939 CGTU, et la dernière en 1948 donnant naissance à la CGT-FO) ; sauf que la dernière, ce sont les réformistes qui quittent le navire avec l’aide de l’AFL (syndicat américain) et peut-être des fonds secrets américains.

Pour ce qui concerne la CFTC, elle a connue elle aussi une scission qui donna naissance à la CFDT (1964) ; année de signature du pacte d’unité d’action CGT-CFDT ; ce sont les deux seules organisations syndicales qui font référence à la révolution prolétarienne dans leur statut.

Historiquement, les syndicats réformistes sont bien la CFTC, la CGC et la CGT-FO. La CGT et la CFDT sont restés syndicats révolutionnaires liés par un pacte d’unité d’action jusqu’en 1981 ou la CFDT se place dans la position de soutien au gouvernement.

Par contre, politiquement, les trois réformistes se sont détachés de leurs liens ; à la CGT-FO, seul le passage de BLONDEL ne sera pas compris par les adhérents par ses positions trop contestataires (les branches métallurgie, pharmacie et ... dont je ne me souviens plus refusent de se joindre aux blocages lors des manifs sur les retraites).

En fait, historiquement, il existait deux tendances dans le monde syndical : les contestataires (voir révolutionnaires) et les réformistes. Depuis son soutien aux gouvernements, la CFDT a ouvert une nouvelle voie qui ressemble étrangement aux Trades-Unions britanniques ; une forte politisation. Et l’enjeu actuel est là ! Il faut tout autant rappeler que le bureau de la CFDT est le responsable de la création du syndicat fortement contestataire qu’est Sud (naissance après une grève des routiers si mes souvenirs sont bons).

Si nous remontons l’histoire récente, il faut tout autant savoir que, côté patronat, il y a des branches qui ne veulent pas mélanger rapports sociaux et politique. Si le MEDEF est devenu une structure très politique, la plus grosse branche qui ne souhaite pas la politisation des rapports sociaux est l’UIMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières). L’UIMM a des partenaires en terme de négociations et de signatures d’accords ; ce sont la CFTC, la CGC et la CGT-FO ; il arrive que la CFDT signe mais c’est très rare, la CGT c’est quasiment jamais.

Ce que fait actuellement le gouvernement, et il n’est pas le seul, les deux ou trois derniers l’ont fait, consiste à anihiler les syndicats réformistes qui ne veulent pas subir de politisation. Pour le grand public, regardez les organisations qui sont mises le plus souvent en avant : la CGT, contestataire et la CFDT, adhérent aux politiques gouvernementales.

Actuellement, que se passe-t-il ? Les position de la CFDT sont refusées par ses propres adhérents impliqués (refus des mesures gouvernementales) et la CGT est montrée comme la tête de pont des mouvements sociaux ; alors qu’il ne faut pas se leurrer, elle est actuellement débordée sur sa gauche par Sud. Pour les autres, ils sont à l’initiative des négociations dans les entreprises ; ils défendent ce qui est appelé la politique contactuelle.

Donc, tout dépend de ce qui se passera dans les négociation au sein des entreprises et de la volonté des patrons de ces entreprises publiques dont l’actionnaire est l’Etat.

Pour l’instant le gouvernement a joué un jeu dangereux qui risque allégrement de renforcer les plus contestataires, à savoir Sud au détriment sans doute de la CGT (même la CFDT risque d’y laisser des plumes). Mais corrélé à l’affaire de l’UIMM, dont rien n’a avancé, bien que nous puissions penser qu’ils se sont fait piéger compte tenu du fait que l’UIMM était opposée à la fusion UNEDIC-ANPE, cela laisse penser que le but innavoué du gouvernement consiste à politiser au maximum les rapports sociaux et donc, les organisations syndicales tout autant que les branches réticentes des syndicats patronaux.

Mais ce qui reste un point important, chose que les Trades-Unions anglaises ont déjà accepté, est que malgré que les réformistes aient accepté le libéralisme (les fondements), c’est un des principes de base de toutes les organisations syndicales au monde qui est remis en cause : le Welfare State (Etat Providence). Mais cela n’annonce pas pour autant la fin des syndicats ! Et si le gouvernement veut avancer, il lui suffit de savoir négocier ; chose qui, à mon sens, se perd en politique. Mais un gouvernement préfère avoir des syndicats aux ordres plutôt que des syndicats ouverts à la négociations qui peuvent très bien, dans certains cas, ne pas être en accord avec le gouvernement. A savoir si c’est ce que veulent les français ? smiley

P.S. : en filigrame, il faut penser qu’une organisation syndicale défend les intérêts de ses adhérents et non des salariés dans leur ensemble. Ce n’est rien d’autre qu’une valeur fondatrice de tous les syndicats dans le monde.

P.P.S. : Par contre, je reste convaincu, mais vous semblez l’être aussi, que le gouvernement a recherché sciemment l’épreuve de force. Il a tout autant pris en otage les usagers que les grévistes eux-mêmes puisqu’il les a mis dans une position de non choix !


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