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Christophe Christophe 28 novembre 2007 18:11

@Dom22,

Certes, comme il y a eu (il y a encore ?) une crise de confiance vis-à-vis de nos reponsables politiques. Tout dépend à quel niveau nous nous positionnons.

Dans l’histoire du syndicalisme mondial, les pressions patronales ont toujours été présentes, plus ou moins fortement, mais elles ont toujours existées. La force syndicale, même en France, a pu contre-balancer ces pressions. Mais plus les pressions étaient fortes, plus les mouvements syndicaux se sont durcis ; d’ailleurs, au début du syndicalisme, les mouvements se traduisaient par du luddisme (bris de machines).

Le problème de confiance est un faux problème à mon sens en France ; si les salariés veulent que cela change, ils n’ont qu’à soit adhérer à l’existant et faire changer les orientations (il faut rappeler que ce sont les syndiqués qui donnent les grandes lignes et non le syndicat qui impose, enfin dans les syndicats réformistes) soit s’organiser autour de nouvelles structures. Cela est possible, et ils peuvent être considéré comme représentatifs dès lors qu’ils démontrent leur travail syndical, car au contraire de ce que soutient l’auteur, la loi prévoit des organisations syndicales représentatives par défaut, mais n’empêche aucunement l’émergence d’autres structures représentatives.

Or ils s’avère que les salariés ne font ni l’un ni l’autre. Mais pour illustrer le propos, il faut comparer le taux de syndicalisation dans les secteurs ou l’emploi n’est pas précaire au regard du privé qui subit de plus en plus de précarisation. Avec un taux moyen national de syndicalisation de 8%, le privé (population la plus grande en nombre) a un taux de syndicalisation de 2%, autonomes compris. C’est un facteur qui entre en considération.

Si dans l’histoire, les pressions existaient, les salariés savaient très bien que c’est en s’alliant, en étant en nombre, qu’ils pouvaient peser. Cela nécessite des compromis.

D’autre part, il est important de souligner le rôle réel des organisations syndicales. L’activité syndicale n’est vue par nombre de nos concitoyens que par la lorgnette des négociations avec l’Etat ; or c’est justement ce point qui est assez atypique en France. En effet, si l’ensemble des organisations syndicales défendent le Welfare State (Etat Providence), ce concept n’est pas à prendre au pied de la lettre comme le fond certains syndicats. Pour ceux qui ont accepté l’économie de marché, les fondements du capitalisme, soit en France la CFTC, la CFE-CGC et la CGT-FO, l’Etat Providence se traduit par la contractualisation librement consentie entre représentants d’intérêts divergents à la base (c’est la même approche dans le syndicalisme américain de type AFL, allemand, ...). Ce concept se retrouve principalement dans la signature des accords de branches, ce qui est communément appelé les conventions collectives. Or dans ces négociations constructives aboutissant à des accords, seuls les trois syndicats réformistes sont des potentiels signataires. La CGT et la CFDT sont quasiment inexistants. Et pourtant, la plupart des avancées sociales en contre partie de l’adaptation des conditions de travail aux contraintes du marché sont, le plus souvent, présentent dans ces accords là.

En fait, tout est question d’informations. En ce domaine, les médias sont minables (volontairement, je vous rassure) et les partis politiques sont au même niveau. Jamais les politiques n’ont vu d’un bon oeil l’organisation de contre pouvoirs de cet ordre ; Napoléon Bonaparte avait fait inscrire dans le code civil la supériorité du maître sur l’ouvrier et avait interdit toute organisation ouvrière, Sous le troisième empire, Napoléon III a essayé de faire en sorte d’être soutenu par les organisations ouvrière (dommage pour lui, ils étaient Républicains), ...

L’histoire du syndicalisme dans le monde est ainsi faite. Les organisations syndicales sont soit aux ordres du pouvoir (cas des Trade-Unions britanniques avec leur bras politique le Labour ; la CFDT en prend le chemin en France), ce qui est appelé un syndicalisme de gouvernement, soit un ennemi du pouvoir ; tel est la perception des politiques.


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