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Pierre Pierre 4 février 2008 00:29

Bonjour à toutes et à tous, avant de faire un réquisitoire dirigé contre les psychiatres, la psychiatrie et l’univers psychiatrique, ainsi que certaines institutions « dites spécialisées », dont je ne cautionne ni méthodes, ni résultats, sauf exception, mais opine à leurs difficultés. Il semblerait pertinent de revenir sur l’interview de Sandrine Bonnaire donnée dans l’Express du 17/05/01 et ipso facto reprendre à la base le contexte général dans lequel,  a été élevé Sabine, sa relation avec Sandrine, une famille de 11 enfants, et par voie de conséquence ses 2 parents et conséquemment souligner plus particulièrement la relation à sa mère, tout en spécifiant le non-procès d’intention envers la mère.

Aussi les propos de Sandrine Bonnaire, marraine des Journées de l’autisme, nous conduisent vers un nouvel éclairage du film « Elle s’appelle Sabine ».

Interview de Sandrine Bonnaire donnée dans l’Express du 17/05/01

« Ce qui fait souffrir les autistes, c’est l’exclusion, la honte qu’on éprouve à leur égard, le rejet qu’on leur oppose... Quand on lui disait « Sabine, tais-toi ; ou va dans ta chambre, tu nous fatigues », oui, elle a dû en souffrir. Nous n’avions pas toujours la patience nécessaire... Puis mes frères et mes sœurs ont quitté la maison les uns après les autres. Ma mère s’est retrouvée seule avec Sabine, qui est devenue très violente. Il a fallu l’hospitaliser. Elle a connu pendant quatre ans l’hôpital psychiatrique, de ceux où l’on enferme les malades dans leur chambre. Son état s’est aggravé. « Les autistes ont surtout besoin d’être rassurés et respectés »

Les propos de Sandrine Bonnaire, nous portent à réflexion… . Et sur l’identification réelle de la demande d’hospitalisation, qui n’est pas clairement explicite : « qui est devenue très violente ». Aussi, la recherche de l’identification réelle de la demande d’hospitalisation, ainsi que sur l’interprétation de la violence de l’articulé « très violente », amène le questionnement de base de tout bon médecin, psychiatre, thérapeute sur la demande connotée à la violence : de quoi s’agit-il ?

Comme vous l’amenez dans votre texte et je me permets de vous citer : « Lorsque Sandrine Bonnaire interroge un médecin psychiatre sur la raison qui a justifié la quantité hallucinante de drogues psychiatriques administrées à sa sœur, celui-ci répond que c’était nécessaire, vu qu’elle était violente. Et la violence dont il parle : elle avait giflé un infirmier... » Eric Roux

Il existe de multiples façons d’analyser demande de la personne et utiliser la méthode de questionnement RPBD (Réel, Problème, Besoins, Demande) est particulièrement satisfaisante dans ce cas précis. En effet, elle consiste, en premier à lui poser des questions sur le Réel de la demande puisque dans les propos de Sandrine Bonnaire, ne l’oublions pas nous retrouvons les éléments de moteur du film « Elle s’appelle Sabine ». Sandrine Bonnaire ne mentionne pas qui à fait la demande d’hospitalisation dans un hôpital psychiatrique… . Tout en connaissance de cause du résultat, et des conséquences d’une grande majorité des hospitalisations des personnes « diagnostiquées » autiste et de la prise en charge nécessaire à leurs besoins en hôpitaux psychiatriques…

Pourquoi avoir laissé Sabine quatre ans en hôpital psychiatrique ? En reprenant les propos de l’interview de Sandrine Bonnaire donnée dans l’Express du 17/05/01 : « Elle a connu pendant quatre ans l’hôpital psychiatrique, de ceux où l’on enferme les malades dans leur chambre. Son état s’est aggravé. »

En utilisant la bonne vieille grille QQOQCCP établie par Quintilien il y a deux mille ans, utilisant les adverbes génériques du Qui, Quoi, Ou, Quand, Comment, Combien, Pourquoi ? Nous obtiendrons un éclaircissement majeur sur l’identification de la demande d’hospitalisation dans un hôpital psychiatrique.

Puisque, en dernière analyse, la direction de vos propos porte sur « des méthodes barbares employées par le milieu psychiatrique », pour qu’il y ait comme vous le dites « des méthodes barbares employées par le milieu psychiatrique », il faut déjà qu’il y ait une demande d’hospitalisation dans un hôpital psychiatrique à la base et la personne qui est à l’origine de la demande n’est pas mentionnée dans les propos de  l’interview de Sandrine Bonnaire, sur laquelle j’articule mes propos. Et c’est pour cette raison que je vous ramène sur le commencement : la procédure d’identification de la demande d’hospitalisation dans un hôpital psychiatrique, commence par demander comme tout bon Psychiatre, Médecin, thérapeute : de quoi s’agit-il ?

Et vos propos ne répondent pas à cette question source.

En outre, je rejoins tout à fait l’article de jeanclaude qui a une connaissance objective du milieu psychiatrique.

Pour réussir une communication verbale efficace, un autre élément du support délicat à manier qui nous occupe : l’interview de Sandrine Bonnaire donnée dans l’Express est a souligné. Je la cite : « Pourtant, je suis persuadée que, si on l’avait prise en charge plus tôt, on aurait pu la sauver. Ou tout au moins préserver son autonomie. Au lieu d’accepter sa différence, on voulait à tout prix lui imposer notre monde. C’est une terrible erreur. ».

Tout ceci m’amène au point que je vous souligner à l’attention des lecteurs.

Quels éléments ont effectivement contribué à faire que Sabine n’a pas été « prise en charge plus tôt » ? Si Sandrine Bonnaire connaissait déjà les modalités de prise en charge infantile des enfants « diagnostiqués » autiste ? (Si j’écris « diagnostiqué » entre parenthèses, c’est pour mettre en évidence sur quel critère elle a été « diagnostiqué » autiste, les erreurs de diagnostic, le facteur de comorbodité des pathologies, l’utilisation du DSM IV le référent classique du domaine clinique ou l’équivalent du VIDAL pour les médecins)

La Prise en charge de l’autisme infantile (voir autisme.fr)

A été décrite par Kanner dès 1943, l’autisme infantile se définit par l’apparition de perturbations précoces du développement de la socialisation, de la communication et des activités imaginatives. 

Il est à signaler que cette description est en pleine évolution et a subi de nombreuses critiques (à voir sur le site)

L‘interview de Sandrine Bonnaire donnée dans l’Express date du 17/05/01 est floue, un flou artistique volontaire ? Néanmoins, il ouvre une porte forte intéressante à approfondir. Cependant, il ne donne pas aux lecteurs accès aux informations essentielles pour une analyse systémique complète de l’histoire réelle de la vie de Sabine ni du film « Elle s’appelle Sabine ». Cette interview est plutôt une introduction à la compréhension de l’histoire vraie de la vie de Sabine et a permis de faire émerger ici une discussion autour d’une vision de la psychiatrie : Bonnaire contre les psychiatres fous : La sortie du film de Sandrine Bonnaire "Elle s’appelle Sabine" pose le réel problème des méthodes barbares employées par le milieu psychiatrique. Si le film n’est pas un réquisitoire, les faits, eux, le sont. Sujet auquel j’ai répondu volontairement d’une façon quelque peu différente des autres post posés. Le « post », « sujet », ‘écrit’… bref… Bonnaire contre les psychiatres fous  à fait ressortir des écrits objectifs, informatifs et professionnels fort pertinents sur l’état actuel de la psychiatrie.

Merci à ceux qui savent garder une neutralité bienveillante dans leur post.

Merci pour votre lecture

Bien Cordialement

Pierre DASSIGNY

Président de NALPA

 

 


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