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Vincent 8 février 2008 11:25

Votre article ouvre quelques pistes, mais je ne pense pas qu’une la loi, aussi contraignante soit-elle, puisse régler ce problème.

 

Je peux dire à propos de phénomène que je suis au cœur de celui-ci, travaillant dans la sous-traitance automobile, nous connaissons bien le sujet.

 

A l’heure actuelle, les délocalisation, concerne essentiellement les production à fort taux de main d’œuvre et se concentrent essentiellement pour l’automobile vers les pays dit de l’Est, Slovaquie, Pologne, Roumanie….

 

Ces pays que l’on peu considérer en forte croissance absorbent les industries d’Europe occidentale à la vitesse grand V, mais un problème se pose : la disponibilité de la main d’œuvre qualifiée.

 

En effet leur développement associé à une faible réserve de main d’œuvre du fait de leur population rend le recrutement d’ouvriers qualifiés et consciencieux difficile, il en résulte pas mal de problèmes qualités qui entraînent des retours sur les sites français pour des contrôles approfondis ou des tri sur les site de production pas quelques entreprises mandatées par les constructeurs automobiles.

 

Cela rend le coût des pièces inintéressant, car à l’origine ces pièces sont moins chères car le taux de main d’œuvre est à env. 25% du coût horaire moyen d’un salarié français, mais au final les boucles logistiques et les différents coûts associés aux contrôles approfondis absorbent les marge de ces pièces.

 

Les acheteurs automobile, cotés client, sont au courrant de ces faits, mais les ignorent, car ce qui compte pour eux dans un premier temps et le prix de revient théorique de leur véhicule.

Et de toute façon, ils s’en moquent car les surcoûts sont imputés aux sous-traitants.

 

Donc au final, les coûts supplémentaires sont absorbés par les maisons mères, situées en France, ce qui plombe leurs résultats et encourage les directions à délocaliser plus massivement encore.

 

Je pense que le rythme des délocalisations ralentira dans les prochaines années, car à l’image de l’Espagne ou du Portugal, qui, il y a encore une petite vingtaine d’années, étaient considérés comme les parents pauvres européens.

 

Les coûts de main d’œuvre de ces deux pays, ils y a encore à peine 10 ans étaient inférieurs de 50% aux coûts de la main d’œuvre française.

 

Il y a dix ans nous délocalisions une partie de la production de nos usines vers ces deux pays, seulement la croissance aidant, leur taux de main d’œuvre actuel n’est plus aussi intéressant donc nous nous dirigeons vers les pays de l’ancienne URSS.

 

Seulement il y a une autre culture, autant les Espagnols et les portugais sont des latins, autant les résidants des anciens satellites n’ont pas le même tempérament et il subsiste encore quelques mauvaises habitudes liées au communisme.

 

Enfin dernier point concernant les délocalisations, il est fréquent de transformer une usine de production en centre de coûts et de mettre le centre de profit en Suisse ou dans un autre pays proposant des règles fiscales plus avantageuses.

 

C’est très simple à comprendre et un des meilleurs exemples est le centre Hewlett Packard de Grenoble qui malgré ses bénéfices à été rendu non rentable par les actionnaire afin de le délocaliser vers des pays comme l’Inde où 5 ingénieurs indiens, coûtent le salaire d’un ingénieur français.

 

La technique est en somme assez simple et en résumé cela donne la chose suivante :

Vous créez une entité dans un pays à faible taux d’imposition, qui deviendra le siège social.

Ensuite vous y envoyez les services, type administration du personnel, informatique, gestion, enfin tous ce qui n’est pas nécessaire à la production sur site.

 

Puis vous attribuez un coût exorbitant à ces services en frais de groupe ou de structure, que le site en France devra payer chaque mois.

 

De cette façon vous absorbez les bénéfices de l’entité française en les reportant sur l’entité à l’étranger.

Du coup, comme on dit, vous faites d’une pierre deux coups,

 

Vous rendez non rentable votre site français et donc vous étudiez la possibilité d’aller voire ailleurs et vous défiscalisez  les bénéfices en économisant au passage la participation au bénéfice obligatoire de tout salarie d’une entreprise supérieure à 50 personnes.

 

CQFD.

 

Le pire dans tout ça, c’est que nous sommes au courrant, que l’administration fiscale l’est aussi, les collectivités le sont tout autant, mais au nom du sacro saint rendement par actions, du retour sur investissement nous laissons égoïstement  faire car ont se dit toujours que nous ne sommes pas concernés et que cela arrivera aux autres pas à nous.

 


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