• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


Vieux Bob 17 mars 2008 14:04

Le commentaire d’ "astus" semble m’être adressé, mais je n’ai jamais fait de commentaire sur l’émission concernant l’exemple suiss, ni sur le témoignage de Marie Humbert !

Au risque de me voir reproché mon exhibitionnisme, je citerai ce texte écrit quelques semaines avant mon opération en cardio :

"Réflexions sur la mort…

Je suis mal placé pour en parler… Et pourtant, depuis que je sais que ce peut-être imminent, j’y pense tous les jours.

Je serais prêt à accepter un départ brutal, à moins qu’au dernier moment … ?

Serais-je prêt à prendre la décision de partir, si la fin était difficile ; je l’ai longtemps cru, me fiant aux expériences racontée, par des témoins, je pense à Mireille Jospin, à certains reportages télévisés, comme " la mort de Jean " : tout cela paraît presque simple … à vivre et mourir !

J’aurais presque eu envie d’écrire " l’euthanasie, mais c’est très simple ", pourquoi pas " l’euthanasie pour les nuls " !

Et puis, une de mes filles m’a écrit : " papa, j’ai encore besoin de toi ! " et le plus jeune de mes petits enfants a dit à sa mère : " mais si papy s’en va, je ne pourrais plus me promener avec lui… "

J’ai lu " De chair et d’âme ", de Boris Cyrulnik, si controversé. Son sujet est tout autre, mais il insiste beaucoup sur l’importance vitale, même chez certains animaux dont le cerveau est si proche du nôtre, des liens affectifs, qu’il appelle " les attachements ", tel ce petit singe, qui brutalement séparé de ses proches, ne tarde pas à mourir, à moins que l’on ne lui substitue d’autres attachements !

Une amie a récemment perdu son mari et peine à " faire son deuil ", et un groupe l’aide à recréer des liens de substitution.

Eliane Feldmann-Desrousseaux, médecin et psychanalyste, dans un livre récent, " Prendre soin de l’autre souffrant ", raconte quel arrachement a été pour elle, alors jeune médecin d’un " mouroir ", le départ de patients auxquels elle s’était attachée…

Enfants, jeunes ou vieux, sommes nous tous " attachés par des liens " que nous aurions créés, parce que nous en avions besoin pour vivre et dont nous serions plus les seuls maîtres ?

Coq à l’âne ou rêve nocturne, je passe le plus clair de mon temps sur Internet, le Web,… la Toile ! Encore des fils tissés et mon père était " fabricant de toiles " !

Que m’importe l’historicité des évangiles, mais la tunique de Jésus…" C’était une tunique sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Ils se dirent donc entre eux : "Ne la déchirons pas,… "

L’humanité constituerait-elle une immense toile, en bien piètre état, certes, déchirée par les églises, les nationalismes ,

les luttes économiques, mais aussi toujours à réparer par suite des ruptures de "fils", de fil, de fils et de pères en partance, de conjoint, de soignants, ou de patients, d’amis.

Quand j’étais enfant, j’avais l’habitude de voir les contrôleurs vérifier les pièces de toile, mètre par mètre, afin de déceler toute " rupture " de fil.

Au risque de heurter certains, je ne pense pas que " la vie soit sacrée ", mais lorsque je pense à cette immense toile humaine,…

Si un jour, je me sens las de vivre, me sentirai-je libre de couper tous ces fils, aurai-je le courage de délier ces attachements, trouverai-je un bénévole qui m’aide dans cette lourde tâche ?"

Puissent, un jour, les patients avoir un lieu pour parler et être écoutés...

Puisse la liberté de chacun etre respectée

 

 


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès