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Stevo 6 avril 2008 17:25

Pour moi, pendant longtemps, Bashung est resté ce personnage très "années 80", avec ses airs de dandy rock ironique, chantant "Gaby" et "Vertige de l’amour", mais dont "l’oeuvre" restait mystérieuse. Au début des années 90, sa "Joséphine" et sa "petite entreprise" m’ont laissé cette image sympathique, qui avait le mérite de sauver l’honneur de la varitoche française.

Puis, un ami m’a fait écouter l’album live "Confessions publiques". Là, soudain, je me suis pris en pleine gueule le charisme de ce bonhomme. Si j’ai cru un jour en l’expression "rock français", c’est en entendant Bashung scander à s’en briser les cordes vocales "Toujours sur la ligne blanche". A partir de là, j’ai voulu découvrir la discographie du bonhomme, son parcours, cahotique parfois, génial très souvent. Et j’ai découvert des merveilles cachées, inconnues à jamais du grand public, comme les albums "Play Blessures" (co-écrit avec Gainsbourg) et "Novice". J’ai même découvert l’album "Roulette russe", début de la collaboration avec le génial parolier Boris Bergman.

C’est à ce moment qu’est sorti son plus grand chef-d’oeuvre : "Fantaisie Militaire". Des textes ciselés, des arrangements avant-gardistes sans être prétentieux, de l’audace, des mélodies, et cette voix, travaillée par des années de clopes et d’excès en tout genre. Je pensais alors que Bashung avait atteint là son sommet, qu’il ne pourrait plus me surprendre.

J’avais encore sous-estimé l’artiste. "L’imprudence" est arrivé, avec ce parlé/chanté et ces musiques fantomatiques, ces textes torturés, profonds, envoutants, destabilisants, inquiétants, dérangeants... Comme "Play Blessures" 20 ans plus tôt, cet album ressemble à un suicide commercial assumé. Sauf qu’à présent, Bashung a un public fidèle, qui ne le lâche pas, au contraire, il reste fasciné par la capacité de cet homme à fuir des chemins tout tracés.

Aujourd’hui sort "Bleu pétrole". Certains y verront un retours à un certain classicisme, et ils n’auront pas tort. En partie seulement. Car qui d’autre que Bashung pouvait donner cet aura, cette profondeur, à des titres comme "Tant de nuits", "Comme un légo", "Je tuerai la pianiste", que les radios ne passeront jamais, elles qui en sont encore à diffuser "Gaby" !

Bashung est un vampire qui s’est abreuvé du talent des autres pour créer une oeuvre unique. Bergman, Gainsbourg, Fauque, Roussel, Manset, maîtres des mots, ont donné quelques choses qu’ils n’ont jamais donné par ailleurs en travaillant pour Bashung.

Au fond, le rock français n’a jamais existé. Sauf Bashung.

 

 


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