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nounoue david samadhi 16 avril 2008 01:24

  Bruxelles refuse d’interdire le Mosquito, "arme sonore de dissuasion anti-ado"

 

La Commission européenne a refusé, mercredi 2 avril, d’interdire le Mosquito, un petit boîtier muni d’un haut-parleur émettant des ultra-sons audibles uniquement par les adolescents, estimant qu’il incombait à chaque Etat membre de prendre une telle décision. Bruxelles a refusé de répondre aux demandes du ministre de la jeunesse belge, Marc Tarabella, qui voulait que l’objet soit intégré au système Rapex, qui permet d’informer rapidement les autres membres de l’Union européenne sur un produit jugé dangereux par un pays.

Le Mosquito, également connu sous le nom plus vendeur de Beethoven, a été inventé par un ingénieur gallois, Howard Stapleton. Il s’agit, selon lui, de la première "arme sonore de dissuasion anti-ado". Elle émet un son puissant et désagréable dans une fréquence oscillant entre 17 000 et 18 000 hertz, donc inaudible pour l’oreille moins fine d’un adulte, et avec une puissance n’excédant pas 95 décibels. Interrogé par l’AFP, Howard Stapleton dément avoir voulu créer "des zones sans enfants" et affirme que son invention doit bénéficier d’une législation pour être utilisée. Il propose notamment que les usagers signent un contrat dans lequel ils acceptent de ne se servir de l’appareil que contre des comportements antisociaux.

Très prisée en Grande-Bretagne, "l’arme sonore" a été testée dans d’autres pays européens, notamment au Pays-Bas et en Suisse. Dans la commune d’Aywaille-Remouchamps, en Flandre, une agence bancaire a dû renoncer, au début du mois de mars, à l’utiliser face aux plaintes de parents, selon le quotidien Le Soir. Depuis, aucun autre appareil n’a été installé en Belgique, selon l’association de consommateurs belge Test achats, qui affirme que les utilisateurs du Mosquito pourraient être "poursuivi légalement" pour "atteinte à l’intégrité physique", car les ondes donnent des maux de tête qui peuvent parfois être violents.
 
L’OPPOSITION DEMANDE L’INTERDICTION EN FRANCE

En France, l’objet est vendu depuis 2006 par la société IBP France pour un montant de 905 euros l’unité. Selon Le Parisien, sa distribution était "confidentielle" jusqu’à ces derniers mois. Depuis, les ventes ont explosé. Des particuliers, des municipalités et des bailleurs sociaux auraient notamment acquis l’objet, selon le président de l’entreprise.

Le débat autour de son utilisation a provoqué un tollé au sein de la classe politique française. Le Parti socialiste a dénoncé "un type de dispositif [qui] tend à criminaliser la jeunesse, en assimilant tous les jeunes à des voyous ou des délinquants", demandant au gouvernement "d’interdire la commercialisation" de ce "répulsif". Le Parti communiste rejoint cette position, déclarant que "de telles armes de dissuasion urbaine doivent être interdites dans les plus brefs délais".

Au nom de l’Etat, la ministre du logement, Christine Boutin, et la secrétaire d’Etat à la ville, Fadela Amara, ont regretté que l’on soit arrivé "à un tel degré de stigmatisation et d’exclusion des jeunes" et ont insisté sur le fait que leur "priorité est d’assurer un cadre de vie décent et de qualité à tous (...) au lieu de prendre des mesures douteuses, sans concertation avec la population et dont l’efficacité reste à démontrer".

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters


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