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ALSATOR 29 octobre 2005 22:59

On connaissait les 3 « J » des Galeries Lafayette, on va bientôt connaître les 2 « J » du paysage politique français. Tour à tour, l’un par un livre, l’autre par une candidature aux élections législatives de 2007, Lionel Jospin et Alain Juppé, ont amorcé un « come-back ». Au-delà des hommes, de l’Histoire et de la justice, ce retour est symptomatique d’une vie politique française décevante et de son incarnation vieillissante.

Lionel Jospin : un « Claude François » de la politique

Ainsi les bonnes feuilles de son livre sortie, l’ex-Premier Ministre entonne-t-il encore cette antienne populaire de Claude François, « cela s’en va et cela revient ! ». Et il est coutumier du fait. Dans la Bérézina du 21 avril, je lui avais trouvé une « grandeur gaullienne » et je m’étais dit que l’homme méritait un chapeau bas pour ce courage politique. Enfin, un homme politique contemporain osait tirer les enseignements de ses actes et partait. Il ne fut pas long à revenir, pour soutenir le « Oui » et se prendre une fois encore la baffe électorale d’un peuple en colère. Je m’étais dit qu’il allait comprendre .... .Et bien non, il revient encore pour dans un livre donner d’autres leçons et presque annoncer à ses camarades que l’avenir socialiste n’est ni dans les querelles d’un couple royal, ni dans un pacs avec une charmante gauchiste.

Tout cela est autant navrant qu’agaçant et finalement, je serais presque prêt à payer pour que le bac de l’île de Ré ne vienne plus sur le continent.

Alain Juppé : le retour du fils prodigue

D’un autre continent où il donne des cours, son inéligibilité passée, Alain Juppé annonce aussi son retour en politique, retour passant par la case députation. Là encore, je ne décolère pas ...

L’homme fusible d’un système m’avait paru honnête dans son blog, sincère dans ces analyses et libéré de l’énarchie dont il est l’un des enfants. Je me disais qu’il méritait lui aussi un sage respect pour porter ainsi les pêchés d’autres personnalités ... Et je me disais que sa retraite pouvait aussi le bonifier et lui conférer un statut assagi .... Mais là encore ....La France dont les enfants sont au chômage n’en finit pas de prolonger l’âge de la retraite des politiques .

Papy boom : le régime vieillesse

Gageons que les « jeunes » Dominique et Nicolas n’apprécieront pas le retour d’un préféré de la famille, gageons qu’à gauche, les « amis » de Lionel aimeraient plutôt lui faire prendre l’air du large. Mais franchement, les Chirac, Le Pen, Rocard, VGE and co ne donnent pas de la France une image « jeune » dans le sein des nations européennes.

Notre pays est victime du papy boom et c’est sa cohésion sociale qui explosera ! L’Alsace n’est pas en reste lorsque l’on mesure les combats des dernières élections sénatoriales ou ceux à venir des circonscriptions législatives et autres mairies. Les vieilles gloires rêvent de retour flamboyant, quitte à faire perdre leur propre camp !

Ni Jospé, Ni Jupin : Changeons le peuple des élus !

Mon propos n’est pas non plus de tomber dans un jeunisme rêveur, car je sais, comme Saez que l’on peut à la fois être « jeune et con » et depuis Georges Brassens, que « le temps ne fait rien à l’affaire ». Plus sérieusement, et quiconque a fréquenté les assemblées nationales et européennes se doit de faire la même réflexion que moi :

Comment ne pas être étonné de la mixité d’âge des parlementaires de nos pays voisins, comment ne pas être étonné de voir des parlementaires de 30 à 40 ans partout sauf en France (mis à part certains protégés, héritiers ou accidents électoraux) ?

Pourquoi les élus français s’accrochent-ils autant au mandat qu’une huître à son essaim ? Pourquoi, même battus, les élus alsaciens et français tentent-ils toujours l’éternel retour ?

Toutes ces questions méritent réponses, toute cette fascination pour les has been aussi ! De droite ou de gauche, la France et l’Alsace offre un triste spectacle, celui d’un paysage politique tourné vers le passé, vétuste, et souvent poussiéreux, accroché au mandat et prêt à tout pour ne pas perdre ses avantages acquis et se battre pour conserver sa place au cœur des ors de la République plutôt que d’oser un vrai débat d’idées pour répondre aux maux qui touchent le peuple .....

Mais ce peuple aussi a sa responsabilité, car c’est lui finalement qui met le bulletin dans l’urne et souvent, en conscience ou non, à la façon d’un fusillé qui armerait lui-même les armes de ses bourreaux.


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