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En réponse à :


del Toro Kabyle d’Espagne 2 août 2008 14:13

@ L’auteur

Tout d’abord, je dois vous dire que je m’incline devant votre passé de journaliste persécuté par les autorités algériennes, persécution qui se prolonge par un exil forcé.
Mon respect s’accompagne toutefois d’une critique de la raison journalistique. Et celle-ci est plus que jamais nécessaire.
Le paradoxe du discours médiatique est qu’il peut charrier des argumentaires essentialistes livrant ainsi des récits comportant de fortes lectures conspirationnistes et xénophobes.
Vous êtes un "bon journaliste", si je puis dire, dans la mesure où vous ne vous rendez même pas compte du contenu narratif complotiste et xénophobe que votre texte peut recéler et impliquer.

Ceci est très courant dans les médias :

  • Béatrice Schonberg et la rédaction de France 2 - qui ne sont pourtant pas du tout d’extrême droite - ont rendu, indirectement, un inestimable service éléctoral et idéologique au Front National, un jour avant le premier tour de 2001, avec la fameuse affaire Papy Voise.
Ce n’est en plus pas la première fois que des politiques ou des journalistes jouent maladroitement avec les "origines". Pour les plus récents, on a :
  • Barack Obama (étranger africain et attention, y a plus grave : avec des "origines" islamiques !)
  • Arnold Schwarzenegger (le passé autrichien et nazi de son père)
  • Nicolas Sarkozy (attaques sur le passé familial juif-hongrois, grec, etc.)
Mais aussi :
  • Les Kennedy (avec leurs origines irlandaises et catholiques)
  • Les Trotsky et les Staline (épinglés par les futés promoteurs du judéo-bolchévisme)
Il n’y a pratiquement aucun continent sur la planète où l’on saurait trouver une conspiration des "origines" aux relents et ou aux lectures xénophobes.
Il y aura toujours un "journaliste" pour faire dans le Catholic Power, dans le Gay Power, dans le vote "musulman", etc.

Le problème est que les journalistes ne se rendent pas toujours compte du très mauvais usage para-sociologique qu’ils font lorsqu’ils sélectionnent des "origines" dans leur causalité toute narrative.
Il arrive que dans la presse espagnole, qu’elle soit nationale ou régionale, de trouver des titres comme :
  • Un jeune Espagnol tué par un Dominicain (ou un Cubain, ou un Roumain, etc.)
D’où la création toute factice des fameuses "bandas latinas" et l’entrée de l’ethnicité dans l’appréhension des problèmes sociaux.
Sur le volet politique, un certain Paul Blanshard, publia en 1949 un très célèbre livre intitulé : American Freedom and Catholic Power. Avec d’autres publication, il est devenu un Bestseller de la paranoïa anti-catholique puis anti-irlandaise aux USA.

Devinez qu’elle était sa profession ? ...

En fait, trop souvent, les "journalistes" sont aux sciences sociales ce que les astrologues sont à l’astronomie : un effet d’optique qu’il faut souvent corriger, même si les journalistes se considèrent comme des "élites" civiles (comme dans votre avant-dernier article).

N’est-ce pas Marx qui s’inquiétait, soulevant la question de "Qui va éduquer les éducateurs ?"

Je vous renouvelle, en tout cas, ma sympathie face à votre parcours de journaliste persécuté par les criminels qui détiennent l’Etat (algérien) en otage.



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