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5A3N5D 18 août 2008 11:34

@ L’auteur,

Je ne partage pas entièrement votre opinion : abandonner, "oublier" pour un temps les ex-pays de l’est, c’est reconnaître la réussite totale de la politique des USA en Europe. 

Dans ces conditions, que font ces états l’Union Européenne ? Sont-ils là pour s’approvisionner auprès des USA avec des fonds européens et pour tenter de recréer (avec d’autres pays de l’ex-Urrs) le "cordon sanitaire" qui continuera encore à empoisonner pour des lustres les relations Est-Ouest ?

Ce qui arrive dans les "pays de l’Est" peut se comprendre, à la lumière des événements historiques encore récents, mais ces pays ne doivent-ils pas, comme l’ont fait la France et l’Allemagne au sortir de la guerre, faire leur deuil de la parenthèse soviétique ? Est-ce plus diffcile que la dénazification ?

Europe et Communauté des Etats Indépendants sont complémentaires : l’Europe a besoin de ressources energétiques, vendus aux cours mondiaux ; la Russie a besoin de capitaux pour développer les structures industrielles et agricoles qui lui font encore défaut. Déjà un point "gagnant-gagnant", pour reprendre une expresion à la mode. 

La politique des USA consiste bien à rendre ce rapprochement impossible, et je pense qu’en ce moment, ils ont malheureusement gain de cause : l’Allemagne s’est alignée sur la politique US... et la France à suivi dans son sillage. Dans ces conditions, est-il encore souhaitable de poursuivre la construction de cette union totalement à la dévotion des USA ? Beaucoup de gens se posent effectivement la question, si l’on en croit les résultats des référendums sur le projet de Constitution Européenne.

La position de l’Allemagne, qui soutient l’adhésion de la Géorgie à l’Otan "si elle le désire" est tout aussi ambigüe que celle de la Pologne et des Pays-Baltes qui ont proclamé leur allégeance à l’OTAN.

A l’évidence, ce n’est pas de cette Europe que De Gaulle et Adenauer ont voulu, mais d’une Europe continentale, s’élargissant à la Russie et gardant ses distances avec l’Atlantique. Si nous regardons ce que nous obtenons aujourd’hui, nous sommes très loin de ce but, peut-être même aux antipodes. Nous sommes en train de créer une zone tampon entre l’Europe de l’Ouest et la Russie, de la Mer Noire à la Baltique. Dans ces conditions, on peut comprendre que l’OTAN est plus un facteur de division que de rapprochement. Ce n’est pas en arrachant des morceaux hostiles à la Russie pour les coller à l’Europe que nous réaliserons une quelconque unité. Nous ne ferons que créer des incidents frontaliers à répétition, une hostilité permanente.

La balle est maintenant dans le camp de l’axe Paris-Berlin : ou bien on prend des "mesures" pour faire comprendre aux pays de l’est que leur sort est lié à celui des nations fondatrices, ou bien nous laissons cette Europe sombrer. Je crois que, pour l’instant, nous sombrons bel et bien.


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