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Ronny Ronny 22 août 2008 23:12

@ auteur

Faut arrêter avec le classement de Shanghai... Non pas parce que les universités françaises ne pointent pas en haut de la liste, mais tout simplement parce que ce classement ne "veut rien dire" ou en tous cas pas grand chose.

Point n°1 : un indicateur, c’est un indicateur et un seul. Le classement de Shanghai est établi selon des critères qui lui sont propres et qui ne sont pas forcément ceux qui existeraient si l’on mettait sur pied le classement de Paris. Je m’explique, un des critères que l’on pourrait retenir, ce serait le rapport coût de l’inscription universtaire, qualité de la formation... On pourrait aussi regarder le rapport qualité de la formation sur euro investi par étudiant... Pas sur que les facs US se situent alors au top (et je sais de quoi je parle, pour avoir passé deux ans et demis dans deux de ces facs). Se pourrait même que sur le dernier point, on ne soit pas si mal placé que cela !

Point 2 : comme l’ont dit d’autres intervenants, le classement de Shanghai est établi selon des critères favoris du modèle dominant, de type anglo-saxon, qui ne se compare en rien (en tous cas pour le moment et heureusement) à ce qui se fait en France. Les promotteurs de ce classement le reconnaissent eux mêmes, lorsqu’ils commentent la place des universités françaises qu’il reconnaissent comme défavorisées vu leur mode de fonctionnement

Point 3 : alors que cet indicateur n’est pas adapté au modèle français, alors que ses promoteurs reconnaissent eux mêms ce biais, les politiques au pouvoir fondent une grande partie de leur discours et de leur action sur le classement de Shanghai avec comme seul objectif de remonter les universités françaises dans la liste.

Pour faire remonter les facs dans ce classement tous les moyens sont bons, y compris les plus foireux. Le premier est de dénigrer l’activité de recherche des organismes de recherches qui sont pourtant les porteurs vrais de cette activité dans les facs. On les affaiblit par tous les moyens y compris par la diffamation ou la caricature, et on tente de reverser leurs personnels aux universités qui n’ont ni la "culture", ni les moyens de gérer ces labos de recherche, et ces personnels... des universtaires de Nice en savent quelque chose, le passage de la gestion INSERM à la fac ayant entraîné un arrêt de leur activité de presque 6 mois, et des disfonctionnements majeurs. 

Autre exemple de cette politique du chiffre, assez en vogue dans l’actuel gouvernement : A l’INSERM, les chercheurs dépendant de cet organisme et travaillant dans les unités mixtes de recherches (c’est à dire au sein d’universités le plus v souvent) ont été priés de signer leur travaux avec le nom de l’université en premier, même si eux mêmes ne sont pas universitaires, au mépris de l’usage et de la déontologie, et même si la contribution de la fac qui les hébergent à leur activité est minime (quand elle n’est leur est pas délétère !). Idem au CNRS, où certains labos appartenant en propre à cet organisme (dit unités propres), hébergés dans des locaux CNRS, ont été vivement priés de porter le nom de l’université avec lesquels il sont phasés pour les évaluations sur leurs publications, sans que l’université ait contribué à leur travaux, et même si aucun des auteurs n’est universitaire. Pas mal !

Les "idées" (le mot est mal choisi) forces, la dessous, sont de déshabiller Paul pour vêtir Pierre, bref de flinguer les organismes de recherches pourtant performants au profit des facs, et de "faire du chiffre", en l’espèce accroitre le nombre de publications où apparaît le nom d’université. Et qu’importe que la manoeuvre soit totalement artificielle, pour ne pas dire malhonnete. Le chiffre, le classement, il n’y a que cela qui compte car c’est présentable au 20 Heures de TF1... Un ptit coup de think tank UMP la dessus, une info bien reprise par la presse à l’écoute de Mr Sarkozy de Nagy Bocsa, et le tour est joué. Ni vu, ni connu, je t’embrouille. Quand à ce qui se passe réellement dans les facs et les labos, leur manque de moyens critiques, la démotivations des étudiants en particlier en science, on ne va pas emmercer la ménagère de + de 50 ans avec cela, non ?


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