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samregarde samregarde 9 décembre 2008 23:40

 @Forest Ent : Tout à fait d’accord. L’électricité n’est pas une source d’énergie, mais un vecteur. Idem pour l’hydrogène, dans la mesure où il n’existe pas à l’état natif sur notre planète. 
Jean-Marc Jancovici estime dans son livre "Le plein s’il vous plaît" que pour rouler tout électrique en France, il faudrait doubler le parc nucléaire national. Je laisse à chacun le soin d’apprécier une vision du système étendu au monde entier...

Je voudrais dans le cadre de ce débat soumettre à votre analyse (que j’estime fort), le petit billet que j’ai déjà placé sur l’un ou l’autre fil d’AV . Jacques Attali trouve l’idée vraiment intéressante, m’a-t-il confié. Voici ce billet :

"Il apparaît pour tout observateur que nous pourrions être à un moment fort de l’histoire contemporaine La concomitance de plusieurs crises (écologique, énergétique, économique et industrielle), qui peut effrayer en première approche, fournirait néanmoins peut-être l’opportunité rare, sinon unique, de franchir certains caps, à condition de "se retrousser les manches".


Il existe peut-être une idée qui permettrait, je le crois sincèrement, de régler plusieurs problèmes en même temps. Une idée qui paraît simple, presque simplette, mais dont les conséquences, si l’on y réfléchit attentivement, pourraient être énormes. 
Il faut préciser que cette idée brise un tabou touchant au progrès via la mobilité, et que par conséquent sa simple évocation suscite de haut cris. 

Cette idée (j’y viens !), serait de limiter la vitesse de façon drastique (50 ou 60 km/h maximum, y compris sur les autoroutes). 

Alors bien entendu on imagine déjà les voix de nombreux citoyens hurlant au scandale, à l’utopie, à la régression, à la stupidité, à la caricature verte, etc... ! Et pourtant, si l’on, y réfléchit, cette idée est logique, s’appuie sur des données physique, et aurait beaucoup d’avantages. 

A noter qu’une telle limitation n’a rien à voir, de par ces conséquences, avec les mesurettes parfois envisagées ici ou là. Pour un certain nombre de raisons évoquées ci-après.

 Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée n’est pas une fonction linéaire de la vitesse. C’est plutôt une fonction exponentielle, qui dépend de la résistance de l’air (laquelle augmente ne façon non linéaire), du poids du véhicule (qui augmente avec le nécessaire surdimensionnement du chassi et du moteur lui-même), de la résistance au roulement (fonction linéaire) et de l’accélération (laquelle augmente de façon non linéaire également) . 

Une réduction de la vitesse induirait donc une réduction drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques). Cela aurait plusieurs conséquences. La plus évidente serait une forte réduction des émissions polluantes et/ou de la consommation d’énergie (d’après Jean-Marc Jancovic, il faudrait doubler le parc nucléaire français pour rouler au tout électrique, aux vitesses actuelles s’entend). 

Une autre conséquence à laquelle on songe moins serait de pouvoir enfin utiliser de nombreuses techniques jusque là restées dans les cartons parce que pas assez performantes pour rivaliser avec les moteur thermique selon les normes de vitesses en vigueur.

Je passe volontairement sur la diminution du taux d’accident et des économies afférentes, de l’utilisation possible de toutes les routes simples comme routes à plusieurs voies (voitures ou vélos), sur la fluidification du trafic, qui verrait sans doute de nombreux bouchons sauter (la plupart de trajets étant du domicile/travail, le surcoût en temps serait vraisemblablement assez faible), pour passer à un autre avantage, très valable en cette période de criseS. 

Les pays qui réglementeraient ainsi leur vitesse permettraient aux industriels de se relancer sur un marché complètement nouveau et porteur à terme. Cela satisferait aux exigences écologiques, aux nouvelles donnes de la de consommation des citoyens, permettrait de redéfinir un espace de vie relocalisé et des rapports différents entre les individus (à 50 km/h la vie sociale est différente), et enfin permettrait temporairement un leadership technologique (ce à quoi je suis peu attaché, mais c’est un argument que certains reçoivent prioritairement...)

Cela s’appelle résoudre plusieurs dilemmes simultanément.


Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable, et souvents temporaires : 

La cohabitation de 2 générations de véhicules le temps que les millions d’utilisateurs soint équipés (bien entendu, nos voitures d’aujourd’hui seraient tenues de rouler à 60 aussi). 

Les problèmes possibles avec les ambulances et autres véhicules d’urgence. 

La rogne des malheureux routiers déjà contraints de rouler toute la journée pour un salaire pas toujours très élevé ; celle des motards bien entendu (je suis un ex motard, je connais le milieu smiley)

Le temps passé pour aller en vacance en voiture (mais justement : on n’irait peut être plus en voiture, ou bien le chemin ferait partie des vacances : les vacances, c’est aussi parfois l’aventure). 

Etc etc... 

Il va de soit qu’il resterait des véhicules puissants et solides (sinon comment ferait mon carreleur favori pour se déplacer ?), mais cela serait marginal (10 à 15 % du parc), et surtout des véhicules spécifiques pourraient être loués à l’occasion (certains achètent un break pour partir en vacance 2 fois par ans, c’est tout simplement un mauvais calcul...). 

Mais les nouveaux véhicules seraient quant à eux sans doute plus rustiques, moins chers à l’achat et à l’entretien... 

En résumé, tout le monde y gagnerait, globalement, avec une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 50 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. et meilleur à vivre. 

Pour finir ce minuscule plaidoyer, pondu sur le coin du clavier, je voudrais préciser, mais vous le savez déjà, que je ne suis pas technophobe, mais juste rationnel. Et le rationnel conduit aujourd’hui à changer nos comportements en même temps que l’on cherche des solutions techniques"


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