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MarcDS MarcDS 24 janvier 2009 17:18

Ca commence par un bel amalgame, attribué à Strauss-Kahn (à propos, que devient le FMI, ce fer de lance des réformes néo-libérales, entre ses mains ?), entre le progrès et le progrès social. Bel exemple de glissement sémantique !
Ca continue en prétendant pouvoir trouver des solutions aux problèmes écologiques et énergétiques en recourant uniquement à la science et à la technologie, et en saupoudrant le tout d’un peu de civisme et de comportements responsables. Le principe de précaution est qualifié d’illusion mensongère (peut-être, mais pourquoi ?), mais pas celui du développement durable. Il faut dire que celui-ci a pu être largement récupéré par le monde économique ; il n’y a donc plus lieu de le critiquer, étant devenu un moyen de faire durablement du business.
Pas question par contre de remettre en cause le dogme de la Croissance qui reste l’objectif ultime. Le néo-libéralisme, l’économie de marché, la société de consommation ne sont même pas évoqués, tellement ces concepts vont de soi. Il suffit donc d’intégrer le paramètre "écologie" à ce beau système pour franchir ce qui n’est qu’une mauvaise passe.

Mais l’écologie peut-elle se résumer à un ensemble de mesures techniques qu’il suffirait d’appliquer dans notre société de consommation (basée sur le gaspillage, par définition !) ? Le capitalisme, poursuivant sa logique de privatisation des moyens de production et encourageant la cupidité et l’avidité humaine comme moteurs de l’économie, ne porte-t-il pas dans sa nature même la responsabilité de la situation que nous connaissons aujourd’hui ?
Plutôt qu’aborder ces questions épineuses mais fondamentales, nos gentils penseurs sauce écolo préfèrent ressortir le nucléaire comme LA solution incontournable censée nous permettre de passer le cap. Ainsi donc 1° l’avenir énergétique est à l’électricité, 2° "Nous avons des centrales nucléaires, donc utilisons-les", 3° on pourrait remplacer deux centrales de 2e génération par une centrale de 4e génération (ce qui démontre du même coup qu’il n’est pas question pour eux de sortir du nucléaire simplement en ne remplaçant pas les centrales en fin de vie). Ces trois points mis ensemble transforment, sans le dire explicitement, le parc nucléaire français en exemple à suivre par tous les pays développés. Les auteurs du texte évitant d’aller jusqu’au bout de leur logique, on en arrive à la conclusion que la France pourrait, toute seule dans son coin, résoudre le problème climatique grâce à son parc nucléaire. Cette soi-disant solution est surtout celle d’un système qui veut éviter de se remettre en cause en abordant la question fondamentale de la réduction de la consommation énergétique. Il est symptomatique de constater que cette question-là n’est pas abordée, si ce n’est en étant escamotée sous l’affirmation que "le débat sur une hypothétique (!) baisse volontaire de la demande en énergie (par le biais de la décroissance), doit être décorrélé du choix de la technologie de production." Belle manière de placer les choix technologiques en dehors des choix de société, comme si les uns n’avaient aucune influence sur les autres ! Peut-on penser sérieusement que les choix technologiques d’aujourd’hui ne détermineront pas la société de demain ?

La fin de l’article fait ressortir toutes les contradictions d’une pensée qui se dit socialiste sans voir qu’elle s’est irrémédiablement compromise dans un système entièrement voué à la logique de la marchandisation du monde. En affirmant que "l’individualisme sur le problème écologique est au mieux voué à l’impuissance, au pire source d’accélération des conflits entre nos
sociétés et l’écosystème, et des problème de santé de nos semblables", ses auteurs ne semblent même pas se rendre compte que l’individualisme qu’ils remettent ici en question, loin d’être un épiphénomène affectant la société comme un malencontreux virus dont il suffirait de se débarrasser, est au contraire le résultat inévitable d’une idéologie basée sur l’accaparation des richesses et la performance individuelle.

Bref, ce texte a me conforte largement dans l’idée qu’il ne faut pas compter sur la social-démocratie pour s’en sortir.


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