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Azür 5 janvier 2006 13:54

« Le tabac permet en particulier d’apprécier le seuil de tolérance d’une société donnée, car sa consommation peut être jugée, suivant le temps, en usage ou en excès. [...] Aujourd’hui, la consommation même du tabac tend à être stigmatisée, au point que l’on décrète des journées sans tabac ou prohibe toute fumerie dans les lieux publics. Cette tolérance ou cette intolérance en dit long sur l’état nerveux de la société. »

Didier Nourrisson Histoire sociale du tabac pg 6 Ed Christian Coll. Vivre l’Histoire ISBN 2-84496-082-6 03/2000

La réponse à votre question « ... mais pourquoi tant de haine ? » tient dans cette citation de l’excellent ouvrage de Didier Nourrisson dont le parcours à travers l’histoire du tabac en Occident est basée sur, pour citer ses propres termes, la dialectique de l’usage et de l’abus. Son propos n’est pas d’être pour ou contre et ce genre de réflexion se fait de plus en plus rare.

Pour préciser ma pensée quant à cette question, je crois que nous vivons dans une période d’insécurité sociale et ceux qui nous gouvernent ont tout intérêt à désigner des boucs émissaires à la vindicte populaire. Cela leur permet de ne pas s’attaquer à des problèmes bien plus graves sur la base desquels ils ont fait leurs campagnes électorales. Quel est le politique qui a construit sa campagne électorale sur l’éradication du tabac et des fumeurs par la même occasion ? Aucun, excepté peut être le député Yves Bur qui a trouvé là un moyen de sortir de l’anonymat ! Le chômage galopant, le libéralisme outrancier ! Mais qui créé des emplois ? Qui s’oppose efficacement aux délocalisations ? Il est bien plus facile de stigmatiser une catégorie de population et de la charger chaque année de taxes supplémentaires ! Et c’est tout bénéfices, car les fumeurs qu’ils soient RMIstes ou milliardaires sont toujours solvables vu que le prélèvement s’effectue à la base !

Je ne peux que vous féliciter de vouloir vous libérer d’une dépendance, car étant également fumeur, je n’apprécierais pas que mon plaisir se transforme en besoin. J’aime autant les moments où je déguste un bon cigare que les moments où je diffère mon plaisir parce que les conditions ne s’y prêtent pas ou tout simplement que je n’en ai pas vraiment envie. Si beaucoup de fumeurs sont dépendants à la nicotine, ce n’est pas pour autant le cas de tous. Et quand bien même ça le serait, je ne vois pas en quoi il serait permis, au nom d’un prétendu bien public, à l’Etat - tiroir caisse hypocrite et aux associations néo-hygiénistes castratrices de faire pression sur les individus, alors que le premier mot de notre devise est liberté...

Un de mes premiers soucis est d’enfument le moins possible les non-fumeurs. Le moins possible, car sauf parquer les fumeurs dans des réserves d’Indiens et accorder la liberté totale de mouvement aux non-fumeurs sur tout le reste du territoire, je ne vois pas comment il serait possible d’éviter tout contact. Mets je me permets de rappeler aux plus virulents de la cause anti-tabac que leurs déplacements en voiture, leurs climatisations, les déchets qu’ils produisent et font incinérer sont générateurs de bien des substances toxiques que tout le monde respire notamment dans les grandes villes. Quand un non fumeur laisse tourner son moteur à l’arrêt devant moi pour téléphoner ou attendre quelqu’un lorsque je suis à la terrasse d’un café il ne me demande jamais si ça m’incommode...

Ce dont nous avons tous besoin, bien évidemment à commencer par moi, c’est de leçons de tolérance républicaine et pas d’écoles de fondamentalisme crétin ! Quand nous nous engageons dans un combat sans merci contre une autre partie de notre société nous nous auto détruisons au profit de ceux qui peuvent ainsi nous gouverner avec une plus grande marge de manœuvre. Que veut le peuple ? Du pain et des Jeux ! Et bien, donnons lui le RMI et montons les non-fumeurs contre les fumeurs. Comme ça il va y avoir de la passion et on pourra discrètement sabrer les régimes de retraite, laisser s’opérer les délocalisations, privatiser le service public et pourquoi pas sous louer le Palais de l’Elysée à George Bush ?

N.B :

Que celles et ceux qui s’apprêtent à pousser des cris d’orfraie après une première lecture cursive de ce commentaire, ne se laissent pas manipuler par le pouvoir du politiquement correct et fassent preuve d’intelligence en en relisant posément le contenu pour y percevoir toute la modération et l’équilibre dont j’ai essayé de faire preuve.

Merci...


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