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Moristovari Moristovari 5 août 2009 15:21

Article comme je les aime. Merci.

Trêve de sentimentalisme britannique, réagissons sur quelques points.

Vous parlez beaucoup des société et civilisations et semblez les voir comme une machine, une mécanique qu’il faut comprendre. Quand vous parlez de son constituant essentiel, l’homme, c’est pour dire seulement "l’homme est un animal caractérisé par une très forte agressivité, et il est peu dans sa nature de résoudre les problèmes de manière coopérative avant d’y être contraint.«  Comme si l’homme était simple, comme si la complexité de l’homme avait peu d’incidence sur une société. Je préfère Laborit pour qui toutes les sociétés s’expliquent par l’homme et sa nature, car il faut toujours chercher la racine d’un problème, et l’homme est la racine de toute société. S’intéresser au fonctionnement d’une société sans égard pour l’homme est simple ambition théorique ou dogmatique.

Dire que Rome est barbare et »n’a rien créé ni laissé en termes philosophiques, scientifiques, techniques et même artistiques.« , c’est manquer d’information. Le simple état d’esprit romain consistant à prendre le meilleur là où il est et a tout unifier - dieux, politique, arts - est original à ce peuple et explique sa capacité d’adaptation et d’expansion. Pour reprendre Umberto Eco : »l’obsession latine de la frontière spatiale nait avec le mythe de la fondation : Romulus trace une ligne de démarcation et tue son frère parce qu’il ne le respecte pas.Sans reconnaissance d’une frontière, pas de civilas [...] Les ponts sont sacrilèges parce qu’il franchissent le sulcus, ce cercle d’eau définissant les limites de la cité [...] L’idéologie de la Pax romana et le dessein d’Auguste politique d’Auguste sont fondés sur la précision des frontières : la force de l’empire réside dans le fait de savoir sur quel vallum, à l’intérieur de quel limen il faut installer la défense. [...] En franchissant le rubicon, César à parfaitement conscience de commettre un sacrilège, mais ce n’est pas tout : il sait en outre qu’après, il lui sera impossible de revenir en arrière. Alea jacta est."
En franchissant le Rubicon, César assassine l’un des mythes fondateurs de Rome, assassine le pilier d’une civilisation pour son seul profit. Évidemment, César n’est que le reflet de la décadence de la république. La république meurt par décadence, l’empire nait et ses débuts marqueront l’histoire comme l’âge d’or de Rome - alors que ce devrait être le temps des folies, la fin des valeurs morales et l’illusion d’une puissance illimitée.

Je soutiens par contre l’importance que vous donnez à la météo dans l’Histoire. Mais j’aimerais savoir en quoi votre concept de la trahison des patricien est différent de celui de la lutte des classes de Marx ou de l’explication neuro-biologique qu’en donne Laborit, que je caricature ici : l’égalité des hommes est utopie : la volonté hiérarchisante de la nature humaine est éternelle donc le pouvoir sera toujours mal distribué et enclin à être accaparé par une minorité toujours plus petite avec le temps, jusqu’à une décadence ou une révolution libératrice redistribuant les cartes, les possesseurs du pouvoir.


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