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wesson wesson 24 septembre 2009 00:42

Monsieur Santi,

je n’intervenait pratiquement plus dans vos articles tant ils sont ceux d’une personne à la fois intelligente en ce sens que vous aviez compris assez vite où les engouements collectifs de la finance allaient nous emmener, mais aussi comme un défenseur de la configuration actuelle du capitalisme, en ceci que vous en êtes un des bénéficiaires objectif.

La première réaction d’un être de gauche normalement constitué comme moi, c’est de vous suspendre à un croc de boucher comme cela semble être en vogue maintenant. Mais à la réflexion, vous ne faites que défendre et profiter d’un système que vous n’avez pas mis en place, pas plus que vous ne contribuez à le maintenir eut égard à l’extraordinaire arrogance avec laquelle vous et les vôtres ont maintenu leur privilèges dans une situation de déliquescence sociale généralisée. Car oui, dans cette crise vous les traders n’êtes finalement que des petites mains, des seconds couteaux, des boucs émissaires grassement nourris que l’on viendra égorger si toutefois les choses se mettent à tourner très mal.

Mais foin de digression, si j’ai décidé e commenter cette fois, c’est quand même pour vous dire que plus personne ne croit à cette fable comme quoi le politique et le financier sont deux entités séparées qui se font contrepouvoir.

Partout dans le monde, et plus particulièrement dans les pays riches, vous trouvez aux même postes les mêmes parcours : Les banquiers deviennent ministres des finances puis redeviennent banquiers, et ainsi de suite. Les états sont totalement noyautés par la finance, rendant la frontière entre eux toute théorique.

Prenons un exemple concret, français pour tout dire : François Pérol. Enarque, inspecteur des finances, il a le bon moule. Il commence directeur du cabinet de M. Sarkozy lorsqu’il était ministre des finances (2004). Puis en 2005 il quiite le ministère pour devenir associé gérant chez Rotschild et Compagnie ou il crée la glorieuse « natexis » (un des plus beau gadin dans les subprimes). Puis il commence le rapprochement de la caisse d’épargne avec la banque populaire, qui promet de succulent développements. Puis il quitte Rotschild pour prendre le poste de secrétaire général de l’élysée, ou il va piloter le plan de secours au banques Françaises. Et puis cette année, il quitte l’élysée pour prendre la tête de l’entité fusionnée banque populaire-caisse d’épargne.
Ce gars là passe son temps à faire des aller-retours entre les conseils d’administration des banques, et les ministères pour faire passer la loi qui l’intéresse.

Voila pour tout dire un exemple type de l’interpénétration finance/politique, avec conflit d’intérêts à tous les étages. Comment-voulez-vous dans ces conditions là qu’une quelconque régulation puisse s’exercer, sachant que aux USA par exemple, ce genre de collusion est encore pire !

je vais l’écrire plus simplement pour que tout le monde comprenne : ceux qui dirigent la finance sont ceux qui font les loi dans les gouvernement. Dans ce contexte là, croire en l’émergence d’une législation réellement contraignante relève du domaine de l’utopie.

C’est pourquoi rejeter la faute de la crise uniquement sur le politique est au mieux une belle blague, au pire une vaste escroquerie. La réalité est que si l’on veut briser ce lien incestueux, il faudra probablement en pendre quelques uns de ces vrais responsables, réellement.

Et oui, je crois que nous en sommes là, pour que les choses changent, et pour mettre fin aux privilèges exorbitant de la finance, il faudra en passer par une phase révolutionnaire, avec son cortège de morts, d’injustices et de violence.


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