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Pierre Régnier Pierre Régnier 13 novembre 2009 23:36

Bonjour Markoff

Ça ne me dérange pas d’être tutoyé, mais ça me gêne un peu de ne pas deviner par qui. Parce que, si nous nous sommes rencontrés, je ne m’en souviens pas. Il ne faut pas trop compter sur ma mémoire et puis, il y en eut tant, des rencontres, à cette époque ! Nous avons pour point commun que le PSU fut le seul parti où nous avons adhéré l’un et l’autre, mais je suppose que nous ne sommes pas les seuls à avoir cette particularité. Et puis aussi : nous étions deux homonymes au PSU. L’autre Pierre Régnier, « Pierrot » pour ses camarades, qui fut je crois membre de la direction nationale est, je crois, décédé depuis longtemps.

Sur le fond :

C’est très important pour moi. Depuis que je milite (16 ans tout de même ouvertement, publiquement) contre les bases de la violence religieuse je me retrouve toujours enfermé (par les autres) entre ces deux positions que je refuse (voir ci-dessous le point 7 des 9 propositions que je diffuse depuis 3 ans) : tout rejeter de la religion, ou tout garder en faisant les acrobaties mentales les plus stupéfiantes pour croire conciliable la pire criminalité « de Dieu » et sa plus merveilleuse bonté.

Bien sûr, dans ce second cas le résultat est forcément une forme de schizophrénie. Fort heureusement celle-ci n’entraîne pas toujours la violence effective mais, lorsqu’il y a violence effective, ELLE VIENT MANIFESTEMENT DE LÀ.

Bien sûr, si je tenais à choisir je me retrouverais sur la première position puisque je ne suis plus croyant (et je suis d’accord avec ta dernière phrase : « La violence - je préciserais »de Dieu« - dans la Bible c’est la preuve que c’est bien l’homme qui a créé Dieu, et non l’inverse ») mais je ne veux pas choisir (plus précisément je ne veux pas choisir DANS LA VIE DE LA CITÉ parce que ça n’a aucune importance, la posture publique des uns et des autres, par rapport à l’enjeu : faire disparaître, le plus tôt possible, la violence religieuse effective).

Beaucoup de croyants s’interrogeront toute leur vie sur leurs croyances intimes multiformes alors que, c’est ce que je prétends, que j’affirme contre vents et marées, il faudrait peu de temps pour amener la plupart des croyants à abandonner les seules bases de la violence sans forcément abandonner le reste… pourvu qu’on le leur demande.

Et cela même si, j’en conviens, ça les ferait rentrer dans une autre forme de contradiction, puisqu’ils devraient au moins abandonner la tricherie dogmatique sacralisée. Mais cette contradiction-là ne serait plus dangereuse du tout, et je suis convaincu que la grande majorité des croyants accepteraient de considérer que cette contradiction devrait devenir leur seule affaire personnelle. Il suffirait, pour obtenir ce résultat, qu’il soit demandé, exigé par les laïcs, les agnostiques et les croyants pacifiques par tempérament, DONT C’EST LE DEVOIR DE L’EXIGER quand ils ont une responsabilité dans la vie de la cité.

Une preuve, pour moi, qu’on fait fausse route en s’enfermant dans l’opposition binaire énoncée plus haut c’est que, alors qu’on voit des livres entiers, et des pages entières sur Internet traitant de la validité des croyances dans l’abstrait on constate qu’une institution provisoire comme la Coordination de la « Décennie UNESCO pour la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde », une organisation, donc, dont ce devrait être LA PREMIÈRE, LA PLUS IMPORTANTE préoccupation que de détruire la théologie criminogène, compte tenu de ses effets catastrophiques très concrets ici et maintenant… N’A MÊME PAS SONGÉ À L’INSCRIRE À SON PROGRAMME !

Il y a de nombreux croyants qui sont des gens formidables même s’ils sont enfermés dans des contradictions philosophiques manifestes. Ils sont disponibles, de par leur bonté, leur sincérité, leur générosité pour effectuer cette destruction de la théologie criminogène… et on ne leur demande même pas de le faire ! Et cela parce que ceux qui veulent éliminer la violence effective veulent d’abord résoudre les contradictions philosophiques.

Ça fait 3000 ans que ça dure. Ça aussi c’est pour moi une preuve qu’on ne pose pas le problème de la violence religieuse de la bonne manière.

NEUF PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA VIOLENCE RELIGIEUSE

1/ La violence religieuse effective est toujours à la fois épouvantable ET BANALE puisque les religions continuent d’enseigner que Dieu la commande ou l’a commandée

2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire FONDAMENTAL de maintenir INTÉGRALEMENT sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse

3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, PAR LES INSTITUTIONS RELIGIEUSES, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés

4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont nullement fatals

5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène

6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu’elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène

7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu N’EST PAS UN COMBAT CONTRE LE TOUT des religions

8/ Le CHOC DES CONCEPTIONS (pacifiste et criminogène) AU SEIN DES RELIGIONS est le plus sûr moyen d’éviter le choc des civilisations

9/ C’est en exigeant d’abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.

Pierre Régnier, décembre 2006


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