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Tomas Lotuyo 26 juillet 2010 09:13

Il y a encore du boulot...

La nécessaire disparition du capitalisme ne doit pas masquer l’échec quasiment total de la politique castriste.

A l’heure actuelle, (aujourd’hui 26 juillet, jour de fête nationale) les cubains ne se demandent pas si c’est un grand bonheur que Fidel apparaisse de nouveau en public, ils attendent simplement de savoir si le café va revenir dans les bodegas.

Le mois dernier le ministre du sucre a été viré pour cause de plus mauvaise récolte depuis un siècle, le prix des denrées en pesos cubains grimpe bien plus vite que les salaires, et je ne parle pas de ces produits « en devises ». Toujours le café (produit à Cuba) qu’on peut acheter à 14 CUC le kilo, soit près d’un mois de salaire moyen.

Au cours des 10 dernières années j’ai passé en tout plus de 2 ans à Cuba et votre « article » digne de Granma ou de la mesa redonda n’a rien à voir avec la réalité cubaine. Je connais des cubains depuis assez longtemps pour avoir vu des évolutions dans leur vocabulaire.
Au début ils disaient « la revolucion » puis c’est devenu « el gobierno » et maintenant ce n’est pas rare qu’on entende (dans les maisons, mais pas à voix basse) « la dictadura ».

J’ai vu à La Havane (avec mes yeux, pas sur internet ni des on-dit) des hommes se faire tabasser avec une rare violence pour avoir crié en public qu’ils ne supportaient plus la situation et leur leader.

Je n’arrive pas à comprendre que vous défendiez sans faillir ce régime qui n’arrive même plus à soutenir le niveau de vie ultra-basique des cubains. Cuba est sous perfusion étrangère et malgré le pétrole vénézuélien, le courant est régulièrement coupé, l’alimentation provient à 80 % de l’extérieur, et sans l’envoi d’argent de tous les cubains « traîtres » qui ont quitté le pays plus rien ne fonctionnerait.

Et encore, je passe beaucoup plus de temps à La Havane que dans les provinces les moins bien loties. L’ambiance de délation permanente qui règne à Santiago de Cuba est hallucinante : chacun surveille son voisin dans l’espoir de recevoir une petite récompense, un téléphone (authentique, pour mieux dénoncer, sans doute) pour avoir informé la « révolution » que les gens de la maison à côté ont réparé leur toit avec des matériaux provenant du marché noir. L’autre possibilité est d’attendre l’aide de l’état, ce qui se traduit très souvent par un « derrumbe » de plus, une maison remplacée par un tas de gravats.

Oui, c’est sûr, les cubains ont le sens de l’humour et de la fête, il faut bien ça pour tenir le coup. Mais affirmer que si l’on n’est pas « 100 % d’accord avec la revolucion on est un agent des USA » n’a pas de sens dans un pays comme le nôtre où l’on peut se déplacer et savoir ce qui se passe.

Allez, une petite dernière : oui, les cubains ont une relation particulière avec Fidel, dans leur immense majorité ils seront tristes le jour de sa mort, mais en même temps ils se sentiront soulagés de n’avoir plus à vivre en fonction de ses rêves si éloignés du réel.

 


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