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Jean Bourdariat Jean Bourdariat 5 novembre 2010 12:04

A JJ Il Muratore et à Ronny,

Il y a plusieurs manières d’aborder la question de l’effort de recherche (DIRD) de la France. Bien évidemment tous les chiffres sont imparfaits et JJ Il Muratore a raison de réagir à ce qu’il appelle des réactions corporatistes. On a vu aussi tous ce que peut avoir d’imparfait la mesure de la DIRDE, qui est gonflée en France par le Crédit Impôt Recherche, de même que les efforts de formation continue en France sont surévalués par l’obligation fiscale de formation faite aux employeurs.

C’est pourquoi l’article se base avant tout sur des données publiques, celles de l’OCDE pour l’essentiel, qui sont la référence pour tous les économistes qui s’intéressent à la recherche.

On peut aussi mesurer l’effort par les budgets de fonctionnement des organismes, ce que fait incomplètement l’article. En effet on n’y aborde que la subvention pour charge de service public (SCSP), qui constitue pour les EPST une partie majeure des ressources, un peu moins pour les EPIC. Le budget de fonctionnement des organismes comprend :
- la SCSP,
- les contrats obtenus de l’ANR ou de l’UE
- les contrats avec des entreprises
- le report à nouveau des années antérieures (qu’ils semblent avoir pu jusqu’ici conserver)

En jouant sur ces différents types de ressources, un établissement peut parvenir à un budget convenable, malgré la stagnation de la SCSP, du moins tant qu’il y a des fonds non dépensés qui restent dans le report à nouveau.

Comme la dotation budgétaire diminue, on peut penser que des ressources en provenance des investissements d’avenir (moins miraculeux que ne le disait le gouvernement comme on l’a vu) viendront compenser la baisse des dotations publiques.

On peut enfin mesurer l’effort par les résultats : publications, citations, brevets, start-up, ... ce que l’article ne fait pas. C’est au sujet important, qu’il faut éviter d’aborder de manière péremptoire

J’en viens maintenant à la question des « responsabilités », évoquées dans l’article. Je m’abstiendrai de toute tentation corporatiste, travaillant moi-même pour une association indépendante, non politique et à but non lucratif qui s’est donné pour mission d’éclairer, modestement et autant que possible avec ses maigres moyens, le futur économique et social de ce pays.

La responsabilité des gouvernements de droite ressort clairement du fait que pendant toutes les années des mandats de la droite, la DIRD française a baissé systématiquement et régulièrement. J’ai été moi-même surpris de ce que les chiffres étaient sans appel.

J’ai évoqué dans l’article les autres responsabilités sans les approfondir.

JJ dit que 20 % des chercheurs ne cherchent pas, et donc qu’il est vain de donner des moyens supplémentaires. Je lui laisse la responsabilité de ces 20 %, mais s’il disait vrai et que ces 20 % étaient étendus à toute la recherche française, cela signifierait que la DIRD réelle serait inférieure de 20 %, bien loin de tout ce qu’aimerait annoncer le gouvernement. Les dirigeants des organismes et les directeurs d’unités seraient alors responsables de tolérer dans leurs équipes des personnes qui émargent au budget et qui ne contribuent pas, ou pas assez, à l’effort de recherche. Faut-il, et comment, approfondir la réflexion dans cette direction ?

JJ évoque les pleurnichards ... Il est vrai que les représentants du personnel n’ont pour champ de revendication que l’augmentation des moyens et le maintien de l’emploi garanti à vie (pour ceux qui ont réussi à obtenir un poste). N’y a-t-il pas une responsabilité de ces représentants du personnel à ne pas investir plus le champ des finalités et de la nécessaire recomposition de l’organisation des labos qu’exigent les changements permanents forcément induits par les nouvelles priorités, les enjeux, les découvertes qu’apportent des ’activités innovantes par définition ?

Les chercheurs sont des scientifiques. Les scientifiques sont payés pour « douter », et c’est bien. Le revers de la médaille est qu’en dépit de la compétence et des qualités du plus grand nombre, les scientifiques ne peuvent pas et ne savent pas exprimer une finalité de façon simple et déterminée sur des enjeux majeurs, comme le changement climatique, les nano-technologies, les OGM, le chômage des jeunes, les guettos de banlieue, .... Les politiques français qui comprennent les discours simples, voire simplistes, ne comprennent pas bien les chercheurs. Il y a une responsabilité des dirigeants de la recherche, de l’Académie de Sciences, des plus grands noms des sciences sociales, qui est d’expliquer aux français et aux responsables politiques d’une seule voix les défis à relever pour le pays, et les politiques à mener pour y faire face.

JJ a raison. Il ne faut pas pleurnicher. Encore faut-il que les responsables scientifiques, politiques et syndicaux ne baissent pas les bras en se contentant de batailler sur le court terme.


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